Une fois de plus, la semaine dernière, le président Sarkozy aura utilisé l'enseignement de l'histoire pour lancer un buzz forcément
rassembleur.
Après la mémoire de Guy Moquet et celle des enfants morts en déportation, il s'agissait de faire l'unanimité autour de l'histoire de l'esclavage. Des thèmes sur lesquels il ne peut bien
évidemment pas rencontrer d'opposition sur le fond. Mais à force d'utiliser toujours les mêmes ruses, le renard risque d'apparaître de plus en plus comme un loup.
Une fois de plus, la semaine dernière, la presse s'est bien montrée légère sur les questions liées à l'enseignement de l'histoire dans notre pays.
Après avoir repris l'étrange idée avancée par certains que la chronologie en serait désormais absente, les journaux se sont fait l'écho de l'annonce "révolutionnaire" de notre président :
l'histoire de l'esclavage et de son abolition serait désormais enseignée en France !
Une simple vérification auprès des textes officiels aurait permis aux journalistes de s'apercevoir, entre autres, que :
- cet enseignement est bien prévu dans les programmes de l'école primaire de 2002 (ceux que l'on souhaite supprimer !)
- que la date de l'abolition de l'esclavage fait partie des repères au programme du brevet des collèges.
Amusant de constater cette absence de rigueur professionnelle au moment où les mêmes se sentent (à juste titre) heurtés par le projet du gouvernement d'instaurer à l'AFP une mission
de "communication" politique en lieu et place de l'information. Sauf que dans le cas précis ...
Finalement, c'est le nouveau media qu'est internet qui aura joué son rôle grâce à un "contrôle citoyen" comme le faisait remarquer la revue de presse de "Chronique
éducation" de mardi dernier. Réaction sur le net qui aura incité plusieurs journaux à rectifier leur "information" inexacte de la
veille (comme le stipule leur charte de déontologie .. elle aussi au programme des collèges !).
Voilà qui permettra au prof d'éducation civique que je suis aussi de renouveler mes études de cas sur les enjeux de l'information et l'éducation aux médias.
Il aurait pourtant suffit à l'un comme aux autres de souhaiter donner une place encore plus grande à l'enseignement de l'histoire de l'esclavage pour satisfaire le plus grand nombre sans tomber
dans la démagogie et la caricature.
Pour ma part, je suis disposé à le faire en faisant par exemple étudier cette affiche que je ne connaissais pas (et que j'ai découverte grâce à l'excellent blog de Guillaume, petit docteur ) : (cliquer dessus pour l'agrandir)

Nu doute que les propos du gouverneur méritent une étude approfondie... non ?
Après le drame de Meyzieu (un collégien qui a poignardé d'autres élèves), Philippe Meirieu a reçu
des mails et une lettre anonyme lui imputant la responsabilité de cet événement... De courageux anonymes, se sentant pousser des ailes après les dernières déclarations belliqueuses de notre
ministre se sont permis cette réaction dégueulasse.
Eh oui ! En ayant participé comme pédagogue à la mise en place des élèves au centre du système scolaire, il aurait fait de ces derniers des petits tyrans que plus rien n'arrête. Sombre
crétinerie à laquelle Sylvain Grandserre répond rapidement en affirmant l'inverse :
"C’est parce que les pédagogues, ont usé à la marge de leur liberté pédagogique pour aller vers une pédagogie de la liberté (circulation, expression, communication, création, tâtonnement,
recherche, responsabilité) qu’ils ont patiemment élaboré et mis en place des dispositifs pertinents : code de la classe, permis à points, réglettes, passeports de circulation, ceintures de
comportement, monnaie de classe, réunion de coopérative, conseils d’enfants, boîtes aux lettres, brevets, contrats individuels de réussite, « métiers », médiateurs, tutorat, délégués, etc. De
Janus Korczak à Fernand Oury, en passant par Célestin Freinet, c’est justement dans des situations où il n’était plus possible de travailler que sont nées les techniques salvatrices. Comment
peut-on faire croire que nous aurions abusé de tout cela quand, pour tant d’enseignants, ces pratiques restent totalement inconnues ? "
Le reste ici
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