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Vendredi 31 mars 2006

Réunion de la Commission permanente de mon collège.

Le chef d'établissement  nous fait part de son intention de demander au Conseil d'administration de voter une modification des horaires du colège : à savoir ouvrir uen heure de plus l'après-midi et supprier les cours du samedi matin.

Je demande la parole pour exprimer mon point de vue. "Il me semble en effet opportun d'ajouter une heure l'après-midi mais sans supprimer le samedi matin. Cette solution permettrait aux élèves d'avoir des journées moins chargées et notamment des moments de pause dans leur emploi du temps (pour se rendre au foyer des élèves ou au cdi par exemple).

L'adminsitration me donne alors ses arguments pour la fermeture du samedi matin :

- cela permettrait de ne plus chauffer l'établissement le samedi et donc de faire des économies

- beaucoup d'enseignants ne souhaitent pas travailler le samedi matin

- les parents sont généralement favorables à deux jours plein deweek-end.

Et l'élève là-dedans ? Fillon, de Robien et ceux qui les inspirent ont bien dit que l'élève n'avait pas à être au centre du système ! 

par lofi publié dans : Education
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Mercredi 22 mars 2006

Le collectif "pas de 0 de conduite" a exprimé le mardi 21 mars ses analyses, ses convictions et ses demandes. Signataire de leur appel, je m'y retrouve pleinement.           Lofi

 

Les initiateurs de l’appel « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans » se situent pour la  plupart dans le champ de la santé et de la petite enfance. Nombreux sont pédiatres, pédopsychiatres, psychologues, travaillant en service hospitalier de pédopsychiatrie, de pédiatrie, en maternité, dans les modes d’accueil, en protection maternelle et infantile, dans les centres médico-psychologiques (C.M.P), dans les centres d’aide médico-sociale précoce (C.A.M.S.P). Ils interviennent dans le cadre d’équipes pluridisciplinaires de terrain, tant dans des dispositifs de prévention que de soins, auprès d’enfants et de familles qui rencontrent des difficultés sur le plan psychique, mais aussi sur celui d’autres déterminants des problèmes de santé. D’autres signataires sont universitaires issus des disciplines médicales et de sciences humaines.

Tous ont poursuivi en commun un double objectif en lançant cet appel :

- contester sur un plan scientifique l’approche réductionniste, déterministe et scientiste de l’expertise Inserm,

- dénoncer son utilisation détournée par des responsables politiques pour renforcer, en les médicalisant, les approches sécuritaires de problèmes éducatifs et sociaux.

C’est en ce sens que notre initiative ne constitue en aucune façon un nouvel épisode d’une supposée « querelle entre psy », mais traduit bien une démarche de refus d’une médicalisation du mal-être social et d’assignation à des normes qui traverse toute la société.

Des valeurs fondamentales de la société sont remises en cause. Les plus de 120 000 signataires qui nous ont rejoints ne s’y sont pas trompés, des dizaines de milliers de parents et citoyens, d’origine sociale et professionnelle très diverses s’en sont emparés. Ils se joignent à nous pour en appeler à un débat dans toute la société sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants.

Les initiateurs de l’appel, « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans », avec l’ensemble des signataires, souhaitent rappeler les valeurs qu’ils défendent :

- Le refus du déterminisme : Tout ne se joue pas avant 3 ans ;

- Le refus du conditionnement : Un humain, adulte ou enfant n’est pas un organisme programmé et programmable ;

- Le refus de voir notre système médical de prise en charge de la petite enfance et de la santé mentale utilisé à des fins de surveillance et non plus seulement à des fins de soins ou de prévention ;

- Leur attachement au secret professionnel. Toute demande de partage de l’information sera étudiée avec une très grande attention ;

- Leur attachement à la conception prévenante de la prévention (et non prédictive) attentive aux familles ne remettant pas en cause la confiance envers les soignants.

 

  

Nous demandons aux pouvoirs publics, au nom des droits de l’Homme et des droits de l’enfant, et de l’indépendance professionnelle des acteurs de santé et de la petite enfance :

- de renoncer à faire figurer dans tout plan gouvernemental à venir sur la prévention de la délinquance (sphère de la justice) toute disposition qui envisagerait des politiques de détection d’enfants présentant une pathologie supposée (sphère de la santé) ;

 

 - de renoncer aussi à toute disposition qui porterait atteinte au secret professionnel, comme l’institution d’un carnet de comportement ou l’obligation de partager des informations recueillies dans le cadre de l’exercice professionnel avec tout acteur, et notamment avec ceux intervenant dans d’autres sphères que celles de la santé ou de l’action sociale ;

- d’accorder à la prévention les moyens nécessaires pour qu’elle soit effective, en réponse aux demandes des familles et des professionnels ; et de prendre en compte l’ensemble des facteurs environnementaux qui influent sur le développement des enfants ;

- d’organiser une expertise pluridisciplinaire d’intérêt collectif sur la petite enfance considérant la santé psychique de l’enfant dans son environnement.

Nous demandons au directeur de l’Inserm :

- de soumettre le présent travail d’expertise collective, mené sous la responsabilité de l’Inserm, et portant sur « le trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent », à une procédure de discussion, de lecture critique et de validation scientifique selon les procédures en vigueur dans le champ scientifique ;

- de garantir ainsi la rigueur des productions ayant le soutien de l’Inserm ;

- enfin, d’engager de nouvelles formes de recherche scientifique, prenant en compte « l’intérêt collectif », sur les thèmes relatifs aux différents aspects de souffrance psychique chez les enfants, associant l’ensemble des acteurs concernés.

Nous prendrons dans les jours qui viennent tous les contacts nécessaires pour faire part de nos analyses et porter nos demandes aux autorités concernées.

Nous organiserons au printemps un colloque pour mener le débat scientifique et de société que nous avons appelé de nos vœux.

 

 

Contact : contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

Site internet : www.pasde0deconduite.ras.eu.org

par lofi publié dans : Education
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Mercredi 1 mars 2006

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d’opposition inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l’abord du développement singulier de l’être humain est nié et la pensée soignante robotisée.
Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d’une palette thérapeutique la plus variée.
Pour autant, tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d’instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d’ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l’enfance, de l’éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.

pour signer cet appel : http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/index.php

 

Appel à l'initiative des premiers signataires suivants : Dr Christine Bellas-Cabane (pédiatre, présidente du syndicat national des médecins de PMI), Dr François Bourdillon (président de la société française de santé publique), Dr Marie-Laure Cadart (médecin, anthropologue, syndicat national des médecins de PMI), Michèle Clément (secrétaire générale du syndicat national des psychologues), Dr Yvonne Coinçon (pédopsychiatre, association des psychiatres de secteur infanto-juvénile), Jean-François Cottes (psychologue clinicien, psychanalyste, InterCoPsychos, Institut de Jeunes Sourds de Clermont-Ferrand), Pr Boris Cyrulnik (neuropsychiatre et éthologue), Pr Pierre Delion (chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Danièle Delouvin (psychologue, présidente d’A.NA.PSY.p.e. – association nationale des psychologues pour la petite enfance), Dr Michel Dugnat (pédopsychiatre, unité parents-bébés hôpital de Montfavet), Dr Marie-Thérèse Fritz (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI), Sylviane Giampino (psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice d’A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V), Pr Roland Gori (psychanalyste, professeur d’université), Pr Catherine Graindorge (chef de service de pédopsychiatrie Fondation Vallée, professeur Université Paris XI), Pr Philippe Gutton (pédopsychiatre, professeur des universités), Alberto Konicheckis (maître de conférences en psychologie clinique, Université de Provence), Dr Sophie Lemerle (pédiatre hospitalière, présidente de la société française de santé de l'adolescent), Dr Evelyne Lenoble (pédopsychiatre, hôpital Sainte-Anne), Pr Roger Misès (professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université Paris XI), Pr Martine Myquel (présidente de la société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des disciplines associées), Gérard Neyrand (professeur de sociologie Université Toulouse III), Dr Pierre Paresys (Union syndicale de la psychiatrie), Danielle Rapoport (psychologue clinicienne, association Bien-traitance formation), Elisabeth Roudinesco (historienne, directrice de recherches Université Paris VII), Dr Pierre Staël (président du syndicat des psychiatres français), Dr Pierre Suesser (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI).

par lofi publié dans : Education
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Mercredi 1 mars 2006

Sur son site, Phlippe Meirieu répond au discours de de robien lors de la convention de l'UMP sur l'éducation.

Extraits choisis :

Ainsi le ministre de l'Éducation nationale vient-il de déclarer, en ouverture de la convention de l'UMP pour l'éducation, le 22 février, qu'il fallait « sortir de l'idéologie du pédagogisme » qui a « déconsidéré les apprentissages élémentaires » et a été « imposée aux enseignants ».

Mais de quoi s'agit-il exactement ? Qu'est-ce que « le pédagogisme » ? (...) Mais les explications comptent peu : nous ne sommes pas ici dans la rationalité, mais dans une logique du bouc émissaire, dans une sorte de grand récit mythique où de méchants dragons pédagogistes auraient anéanti les savoirs et confié la jeunesse française à des esprits malins et pervers chargés de les occuper avec quelques jeux démagogiques.

(...) On ne répond pas à une telle présentation par des arguments... D'autant plus que le Chevalier blanc est spécialiste des retournements de situation : « Si les pédagogistes se défendent d'avoir fait tout le mal qu'on leur reproche, c'est justement qu'ils sont coupables ! » Que rétorquer à cela ?

•  Le pédagogisme est une idéologie, dit le ministre. Une idéologie qui met « l'élève au centre » et « affirme qu'il doit construire ses propres savoirs grâce aux situations organisées par le maître ». Et l'anti-pédagogisme, lui, qu'est-il ? Une science ? Qui s'appuie sur quelles théories ? Qui promeut quelles pratiques ? En réalité, ceux qui font profession d'anti-pédagogisme ne savent guère que stigmatiser les pédagogues et sont bien ennuyés pour proposer des alternatives : la méthode syllabique, le « retour » de l'autorité, les policiers dans les établissements scolaires, les bons élèves des collèges de ZEP dans les « bons » lycées... voilà à peu près leur programme. Avec, bien sûr, la suppression des TPE, des PPCP et des IDD... mais tout en se gardant bien de nous dire ce qu'ils feront à la place ! Des « cours » sans doute ! Oui, mais comment ? Avec quelles méthodes qui permettent à tous les élèves de s'y intéresser ? Avec quelles activités qui leur permettent de s'y impliquer ? Et en s'assurant comment qu'ils sont bien assimilés ? Mais, surtout, il ne faut pas poser ces questions : elles sont le signe indiscutable que l'on est pédagogiste ! Les anti-pédagogistes ont la victoire facile : il leur suffit de délégitimer à l'avance toute question qui serait susceptible de les remettre en question...

•  À moins qu'en réalité, le ministre ne veuille, tout simplement, éradiquer la pédagogie ? Je le crains. Je crois, en effet, que derrière le pédagogisme, ce qui est attaqué, c'est la tradition pédagogique elle-même, celle qui ne se résigne jamais à traiter l'échec par l'exclusion, celle qui, (...) parie sur l'éducabilité des hommes et associe, dans un même mouvement, apprentissage et émancipation. C'est cela dont on ne veut plus. Mais il faudrait le dire franchement...

Pour lire la totalité de cette réponse : http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

par lofi publié dans : Education
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