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Mercredi 26 mars 2008
par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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Mercredi 26 mars 2008

Et maintenant, que faut-il faire ?


Un appel de Pierre Larrouturou (qu'on m'a fait parvenir et qui me semble digne d'intérêt)
 

Et maintenant, que faut-il faire ? Comment la gauche peut-elle répondre aux attentes des millions de Français qui se tournent vers elle en constatant que Sarkozy les a bernés ? Comment répondre aussi aux immenses défis que pose la crise financière qui s’annonce ? En 1929, quand éclata la dernière grande crise du capitalisme, la dette des Américains (dette privée et dette publique) s’élevait à 140 % du PIB. Elle dépasse aujourd’hui les 235 % et atteint 340 % du PIB si l’on intègre la dette du secteur financier. L’ancien Président de la Réserve fédérale américaine, A. Greenspan, vient de reconnaître que nous entrons sans doute dans "la crise la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale".

 

Que faut-il faire pour être à la hauteur des enjeux ? La direction du PS propose que les trois prochains mois soient consacrés à améliorer les statuts du parti (Libération du 17 mars). François Hollande veut être candidat aux présidentielles de 2012 et souhaite finir son mandat de Premier secrétaire en affichant sur les statuts ce "consensus" qu’il aime tant. Sans doute, sur tel ou tel point, nos statuts peuvent-ils être améliorés, mais est-ce vraiment la priorité ?

 

D’autant que, d’ici juin, François Fillon va engager les réformes des retraites, du temps de travail et de l’assurance santé. Sur chaque dossier, la gauche va évidemment se mobiliser pour contrer l’action du gouvernement. Et sur chaque dossier, les Français nous demanderont : quelles sont vos propositions ? Souhaitons bon courage aux porte-parole de Solférino qui devront répondre "Patientez. Nous travaillons sur nos statuts !"

 

Avec 18 parlementaires issus de toutes les tendances du parti, nous proposons une toute autre stratégie : nous demandons que, sans tarder, le PS et l’ensemble des forces de gauche se mettent au travail. Très concrètement. Pendant 3 mois, nous voulons que le PS et les autres forces de gauche se mettent à l’écoute des citoyens, des élus locaux, des syndicats et des mouvements patronaux, des associations et de tous les économistes qui pourront les aider à définir très concrètement un nouveau contrat social. Il faut prendre le temps d’un débat approfondi et ensuite, il faudra faire des choix. Trancher.

 

Mais, vu la gravité des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. Voilà pourquoi nous demandons aussi que le PS invite les forces de progrès des 27 états membres de l’Union européenne à travailler ensemble pendant quelques semaines pour clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l’Union. Vu la gravité de la situation, n’est-il pas urgent aussi que l’Union européenne, première puissance économique mondiale, sorte de sa torpeur et convoque un nouveau Bretton Woods pour négocier avec la Chine et les Etats-Unis de nouvelles règles du jeu monétaires, sociales et écologiques ?  

 

En juillet prochain, la France va prendre la Présidence de l’Union européenne. C’est en 2008 et 2009 que seront revus le budget de l’Union, sa Politique de recherche et sa Politique agricole. C’est en 2009 que doit se conclure la négociation post-Kyoto en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Sur toutes ces questions, vu la médiocrité de ses projets, il serait dramatique de laisser à Nicolas Sarkozy le monopole de la "réflexion", sous prétexte que le PS améliore ses statuts ou prépare son Congrès. 

 

"Ce n’est pas la peine de nous presser. Nous avons 4 ans devant nous" affirmait récemment Pierre Moscovici. Cette sérénité l’honore. Mais, comme de nombreux militants, je ne parviens pas à être aussi serein. Si les Etats-Unis tombent vraiment en récession, l’Europe va souffrir, mais c’est en Chine que la situation est la plus inquiétante car la croissance chinoise dépend très largement de la consommation et des investissements américains. De plus, en huit ans, la Chine a doublé son budget militaire. Est-on sûr que ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 1930 ne peut pas se reproduire en Chine, avec Taïwan dans le rôle de l’Alsace Lorraine ?

 

Et comment oublier l’urgence écologique ? Le 15 janvier, le Prix Nobel de la Paix, Rajendra Pachaury, Président du Groupe International d’Etude du Climat est venu à Paris pour présenter des études récentes qui, toutes, confirment que le dérèglement climatique est plus grave et plus rapide que ne le prévoyaient les scénarios les plus pessimistes. A l’issue de la Conférence, un étudiant lui demande s’il est trop tard pour agir. "Non, il n’est pas trop tard pour agir" répond Pachaury. "Quand sera-t-il trop tard ?" demande l’étudiant. "Quand seront bouclés les accords post-Kyoto. Fin 2009."

 

Comment le dire, sans violence ni agressivité, mais avec assez de force pour être entendus de ceux qui semblent sourds et aveugles ? "La maison est en feu". Il y a vraiment urgence à construire une alternative. Urgence aussi à chasser du pouvoir une équipe qui ne fait qu’aggraver nos problèmes. Certains à gauche sont résignés à laisser le pouvoir à Nicolas Sarkozy jusqu’en 2012. Nous sommes un certain nombre à vouloir le déloger dès 2009. A l’occasion des élections européennes. Souvenez-vous des Européennes de 1999 : Nicolas Sarkozy était tête de liste. Son score fut si faible (12,8 %) qu’après ces élections, il s’est retiré de la vie politique pendant 18 mois.

 

Si, dès aujourd’hui, la gauche se mettait au travail pour construire une alternative concrète au libéralisme, et si elle se donnait ensuite les moyens de faire connaître son projet du plus grand nombre, elle pourrait faire des élections européennes de 2009 un vrai choix de société. Une vraie victoire politique.

 

Si, l’an prochain, les amis du Président font le même score qu’en 1999, nous rappellerons à Nicolas Sarkozy les conseils qu’il a prodigués à Daniel Bouton, le patron de la Société Générale : "quelqu’un qui a de fortes responsabilités et qui a une forte rémunération, quand il y a un fort problème, il ne peut pas s'exonérer de ses responsabilités." Daniel Bouton, à deux reprises, a proposé sa démission à son Conseil d’administration. De même, si les Européennes de 2009 sont très mauvaises pour ses amis, Nicolas Sarkozy devra remettre son mandat à la disposition du peuple français.

 

Ce scénario (hautement souhaitable) n’est évidemment envisageable que si la gauche dispose dans un an d’un vrai projet et d’un vrai programme. Voilà pourquoi nous n’avons pas 4 ans devant nous. Voilà pourquoi le PS ne peut pas perdre 3 mois à peaufiner ses statuts puis 3 mois à se déchirer sur la place publique. Etant le parti dominant à gauche, il doit assumer ses responsabilités et créer, sans tarder, les conditions d’un sursaut intellectuel et politique de la gauche toute entière.

 

Tel est le sens de la pétition que nous avons lancée avec 18 parlementaires et bon nombre d’élus locaux et de militants issus de toutes les tendances du parti. Nous déposerons cette pétition lors du Conseil National du 25 mars. Vu les statuts du PS, si notre pétition recueille 5.000 signatures de militants PS ou 50.000 signatures de citoyens non-PS, la direction sera obligée de nous écouter.

 

Il ne nous manque plus que quelques signatures pour parvenir à nous faire entendre.

 

 

Pierre LARROUTUROU est Délégué national Europe du PS.

L’appel est sur www.nouvellegauche.fr

par lofi publié dans : Politique communauté : Rassemblement de gauche...
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Lundi 24 mars 2008

 

A l'occasion du quarantième anniversaire de mai 68, un témoignage. Celui de Suzanne Citron, tiré de son autobiographie "Mes lignes de démarcation - Croyances, utopies, engagement" ed. Syllepse, 2003

Mai 68 au lycée d'Enghien

Certains polémistes, dans une courte analyse, croient discerner dans mai 68 « la » source des maux actuels du système scolaire. Ils ignorent tout du sérieux et de l'inventivité du mouvement lycéen. Le mai 68 que j'ai vécu est une parcelle significative de ces journées d'intense créativité paradoxalementgommées de la mémoire collective.

La parole occultée des lycéens de 68
Trois semaines de grèves actives, réfléchies dans les lycées secondaires et techniques ont été oblitérées. Certes, dans certains lycées, surtout à Paris, le mouvement, une fois passée la fabuleuse parenthèse d'invention du futur, a parfois dévié vers des querelles stériles entre groupuscules. Mais aux quatre coins de la France, des élèves, des enseignants se sont réunis, ont débattu, ont passé au crible dans leurs établissements les relations humaines, les conditions matérielles, les contenus d'enseignement, exprimé des espoirs, fait des suggestions. Au lendemain des événements. Le Seuil publie le livre des Comités d'actions lycéens (CAL), Les lycéens gardent lu parole (1968). Les Cahiers pédagogiques sortent un numéro spécial « Des lycéens vous parlent », florilège de textes extraits des Livres blancs des CAL ; le SGEN-CFDT en rassemble aussi dans une brochure. Action pédagogique. Mais ces traces n'ont guère été mentionnées dans les ouvrages qui, ces trente dernières années, ont concerné le système scolaire. Comme si les Livres blancs, dont je ne sais s'ils ont été quelque part archivés, n'avaient jamais existé.
Dans la présentation de leur numéro. Les Cahiers pédagogiques soulignaient la richesse extraordinaire du foisonnement d'élans et de projets qui s'est manifestée au cours de la crise de mai 1968. Il s'agit de ne pas laisser se gaspiller cet effort de revendication lucide et d'imagination constructive, tel que jamais l'histoire de notre enseignement n'en a connu. Et ils demandaient aux lecteurs adultes quels que
soient la nature et le niveau de leur responsabilité d'éducateurs, de faire tout ce qui dépend d'eux pour que cette grande espérance ne se réduise pas à une tragique amertume. [...]. Dans les années 1980 et 1990, à plusieurs reprises les lycéens sont descendus dans la rue. Cette visibilité a donné corps à la notion de « mouvement lycéen ». En 1968, le regard s'est focalisé sur les étudiants, les lycéens, restés calmement dans leur lycée pour inventer un autre lycée, ne sont pas entrés dans l'histoire.


Notre amie Suzanne vient de rééditer une version actualisée du "Mythe national- l'histoire de France revisitée" que je présenterai prochainement mais que Lubin a déjà commenté

par lofi publié dans : Politique communauté : Politique Directe
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Mardi 18 mars 2008
Si le peuple tibétain manifeste actuellement, ce n'est pas contre le gouvernement chinois.
Vous n'y êtes pas.
C'est parce qu'il trouve que ce gouvernement ne va pas assez vite dans sa politique de réformes !
par lofi publié dans : Politique communauté : Politique Directe
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Mardi 18 mars 2008
undefinedJournée de grève aujourd'hui dans l'EN. 
Toujours la même raison, plus que justifiée : la baisse des moyens humains dans les établissements.

Comment espérer lancer des réformes qui iraient dans le bon sens (on peut rêver) sans obtenir au préalable l'adhésion du plus grand nombre  par des modalités de mise en oeuvre correcte ? Comment peut-on faire croire qu'on peut faire mieux et autrement en dégradant des situations souvent déjà fragiles ?

Et pourtant, pour une fois, je ne suis pas en grève aujourd'hui. Avec un sentiment de culpabilité bien entendu.
Un grand nombre d'heures de cours qui ont "sauté" ces derniers temps avec la formation pour la mise en place d'une salle pupite dans mon établissement m'ont incité à aller travailler ce matin. 
Et surtout ce sentiment que ces journées de grève isolées et à répétition ne servent pas à grand chose si ce n'est à se compter. D'autant plus que la précédente avait été un gros succès ... en terme de participants ... pour ne rien obtenir au final !
Comment espérer faire faire machine arrière à ce gouvernement par une grève de quelques profs quand  il est sourd à une déroute électorale comme celle de ce week-end ?

Désabusé le Lofi ? Peut-être.  
Et si on réfléchissait à d'autres moyens d'action plus constructifs ? Pas facile, je sais.
par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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