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Mercredi 28 mai 2008
Les rencontres d'été des cahiers pédagogiques: un moment pour réfléchir, s'outiller et penser une école non rétro, non élitiste....et vraiment efficace

Que faisons-nous pour que chacun apprenne?

Tel sera le thème des Rencontres d'été du mouvement "CRAP-Cahiers pédagogiques"du18 au 24 août 2009 dans le Haut Doubs.

Dans la loi sur l'Ecole de 2005 est mis en avant l'objectif de " la réussite pour tous les élèves, un devoir de la Nation", et un outil pour y parvenir: le socle commun de connaissances et compétences. Mais dans la réalité, qu'en est-il? Aujourd'hui, il est beaucoup plus question d'encourager "ceux qui en veulent", les élèves "méritants" et de vanter les vertus de la concurrence entre établissements, sans oublier qu'est prôné dans les faits le retour à une école du passé qui était, elle, très sélective.

Dans cette semaine de travail, avant la rentrée 2008, les participants chercheront, tout au contraire, à  forger des outils et à échanger sur les meilleurs moyens de développer un enseignement pour tous, qui n'oppose pas les exigences pour tous et la recherche de l'excellence pour chacun, dimension personnalisée et dimension collective.
Pour y parvenir:

-         des ateliers (notamment autour du socle commun, de la motivation, des valeurs à transmettre)

-         des activités créatives (théâtre, musique, écriture...)

-         une conférence du sociologue de l'éducation Denis Meuret

-         des présentations d'expériences pédagogiques novatrices.

Ces Rencontres sont ouvertes à tous (hébergement complet: 235 euros)

pour toute information

http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3599

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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Mardi 27 mai 2008

 Les réponses illustrées de Rhumbs au débat suscité par le précédent article de Théo.


"Pourquoi, alors qu'ils disposaient de bons indicateurs de la débâcle d'un certain enseignement, les pédagogistes n'ont pas eux-mêmes cherché à rectifier le tir ? Quand ils ont, au contraire, rejeté la faute de l'échec sur le collège, d'où vient le mépris ?"


Ce n'est pas qu'ils ne l'aient pas fait, mais c'est s'aveugler sur le fait qu'ils aient été et sont encore très minoritaires malgré la propagande faite pour faire croire à leur omnipotence.

 

Ils n'ont pas rejeté la faute sur le collège mais dénoncé le fait qu' ""Il ne suffit pas de voter à gauche pour être un enseignant de gauche". Il n'était pas question de mépris, mais de miroir. Mais qui veut d'un miroir ? On les casse tous dans les établissements scolaires, mais cela supprime-t-il les problèmes ? Ces empêcheurs de ronronner et de se congratuler n'ont évidemment pas été entendus mais vilipendés, ont mis leur carrière en jeu, ont travaillé individuellement faute d'équipe éducative dont ons se gargarise mais qui n'existent nulle part.
Leur référence aurait pu être cette citation de Camus :
"On ne félicite pas un instituteur d’enseigner que deux et deux font quatre. On le félicitera peut-être d’avoir choisi ce beau métier. Disons donc qu’il était louable  que Tarrou et d’autres eussent choisi de démontrer que deux et deux font quatre plutôt que le contraire, mais disons aussi que cette bonne volonté leur était commune avec l’instituteur, avec tous ceux qui ont le même coeur que l’instituteur et qui, pour l’honneur de l’homme, sont plus nombreux qu’on ne pense, c’est du moins la conviction du narrateur. Celui-ci aperçoit très bien d’ailleurs l’objection qu’on pourrait lui faire et qui est que ces hommes risquaient leur vie. Mais il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. L’instituteur le sait bien. Et la question n’est pas de savoir quelle est la récompense ou la punition qui attend ce raisonnement. La question est de savoir si deux et deux, oui ou non, font quatre. Pour ceux de nos concitoyens qui risquaient alors leur vie, ils avaient à décider si, oui ou non, ils étaient dans la peste et si, oui ou non, il fallait lutter contre elle.
Beaucoup de nouveaux moralistes dans notre ville allaient alors, disant que rien ne servait à rien et qu’il fallait se mettre à genoux. Et Tarrou, et Rieux, et leurs amis pouvaient répondre ceci ou cela, mais la conclusion était toujours qu’ils savaient : il fallait lutter de telle ou telle façon et ne pas se mettre à genoux. Toute la question était d’empêcher le plus d’hommes possible  de mourir et de connaître la séparation définitive. Il n’y avait pour cela qu’un seul moyen qui était de combattre la peste. Cette vérité n’était pas admirable, elle n’était que conséquente."

"Si les gouvernements de gauche comme de droite n'ont pas mené une politique éducative ce n'est pas au syndicat qu'il faut le reprocher."

Ni rancœur, ni aigreur, mais la volonté de ne pas travestir la réalité.

Si la droite, jusque dans les années 75, a été plutôt progressiste en matière d'éducation (le collège unique, la même scolarité pour tous jusqu'à 16 ans, une ouverture vers une pédagogie moderne, c'est elle, malgré l'opposition constante des syndicats et de la majorité des personnels), ce n'est pas par humanisme, mais par nécessité économique d'une élévation générale du niveau de formation. Les conditions ayant changé, elle tient à réserver à ses chères têtes blondes, les emplois de fort et très haut niveau, en nombre forcément limité. Quant aux autres, la plèbe, peu importe, pourvu qu'ils se tiennent tranquilles à coup de TF1, de tiercé, de loto ou de foot.


La gauche n'a su que virer Savary qui donnait un espoir aux enseignants progressistes. La perspective électoraliste d'un revirement de vote à gauche tétanisait les éléphants, d'où les Chevènement, les Allègre et les Lang, fossoyeurs d'un renouveau pédagogique. Cela ne leur d'ailleurs pas porté chance puisque nombre d'enseignants ont voté Bayrou, ce grand homme de gauche-sic qui s'était endormi dans les bras du SNES.

"Plutôt que de prendre le risque de changer une société qui les a fait entrer dans la petite-bourgeoisie, les enseignants ont choisi de se préoccuper de "pédagogie"."

Si la première partie du constat est tout à fait juste, il faut avoir un certain aplomb et un aveuglement partisan pour ne pas se rendre compte que la majorité des enseignants méprise la pédagogie, il n'est que de voir les commentaires sur ce blog pour s'en rendre compte.

Les enseignants qui ont cru qu'ils étaient "parvenus" à la bourgeoisie sont bien les cocus de l'histoire. Il n'est que d'examiner le déclin des résultats de leurs enfants.


"Mais si vous vous penchiez un peu sur le mépris des classes populaires à l'égard de l'école ? Pourquoi certains - et ils sont nombreux - pensent que l'école ne sert à rien et se résume à de la garderie ? Pourquoi beaucoup de nos gamins ne voient pas dans l'école un ascenseur social ? "

Ces classes populaires ont été tellement oubliées par ceux qui auraient dû les promouvoir, les enseignants et l'école, qu'elles pensent que ce qu'elles ont vécu, école garderie, non formatrice, sans ascenseur social, est la seule possibilité. Presque tous ont, consciemment ou inconsciemment, un compte à régler avec l'école des trente dernières années, la seule école qu'ils aient connu, les hussards noirs de la république ayant quitté la place pour cause de fin de carrière et n'ayant pas eu de successeurs.


"Enfin, je suis surpris que l'on stigmatise l'école lorsqu'elle "sélectionne". Vous plairait-il d'être soigné par un médecin ignare ou de voyager avec un pilote incompétent ?

Je tremble à l'idée de consulter un médecin incompétent parce qu'insuffisamment professionnalisé bien que la mort ne soit qu'un court moment à passer, autant je tremble en pensant que mon enfant tombera aux mains d'un enseignant non professionnel car il traînera ce handicap toute sa vie. Et j'ai bien raison de trembler car, contrairement aux pilotes incapables, rarissimes car tout de suite éliminés, ces"Maîtres" peuvent sévir en toute impunité, et plastronnent par-dessus le marché en vouant la professionnalisation aux gémonies à longueur de blog.

Heureusement que c'est l'école qui sélectionne, au moins peut-elle le faire sur des critères honnêtes si on lui en donne les moyens."

On dirait du Sarkozy pur sucre.



"Résultat, un  élève qui ne possède aucune connaissance personnelle parce qu'il n'a pas révisé peut décrocher 12 à 13/20 sans aucun problème. Est-il besoin de préciser : et sans pour autant s'exprimer en français correct, loin s'en faut."

Si cet élève, malgré l'absence de formation et d'encouragement dans cette voie de l'exploitation de documents (sur un sujet d'histoire on ne "copie" pas seulement) obtient 12 cela signifie que s'il était formé aux méthodes de recherche il passerait le seuil minimum de ses compétence pour l'améliorer. Encore faudrait-il que la construction partielle de son savoir par l'élève ait droit de cité dans une classe.

Quant à l'expression en français correct, que n'y a-t-il, pendant chaque heure de cours, quelle que soit la discipline, un temps pour sa parole d'élève, un temps pour l'apprentissage de la lecture critique de documents écrits ou graphiques, un temps pour la rédaction personnelle d'un ou plusieurs paragraphes argumentés pour une réponse écrite. Las, le flot verbal de l'enseignant, les fausses questions d'un cours dit "dialogué", ne laissent aucune place à ces activités et encore moins à un accompagnement par le professeur qui estime, soit que cela relève de son collègue de français ou que cela devrait être acquis puisque ses propres enfants maîtrisent ces techniques.

par lofi publié dans : Education
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Lundi 26 mai 2008

Après la palme d'or, c'est un bon point d'educpol (excusez du peu !) que reçoivent aujourd'hui Laurent Cantet et François Bégaudeau.
Pas pour le film (pas vu !), pas pour le livre (pas encore lu mais comme tout le monde, je vais me précipiter.)
Non ce bon point est mérité pour ce que j'ai pu lire dans les innombrales interviews données depuis hier soir.

Morceaux choisis :

"J'ai voulu montrer que l'école ne fabrique pas des crétins pour citer un livre dont je n'aime pas le titre." (Laurent Cantet)

"C'est plutôt un film à destination des vieux, si je peux me permettre. Il y a un discours sur la jeunesse qui est vieux comme le monde et qui a tendance à s'intensifier depuis quelque temps, à savoir: les jeunes sont cons, les jeunes jouent au jeux vidéo, ils sont analphabètes, etc.», «Tous ces gens qui prétendent juger la jeunesse, qui représente quand même des millions de personnes, en deux ou trois aphorismes, ça leur fera du bien de prendre des nouvelles de la jeunesse» «Elle est pas plus con qu'une autre. Moi, je la trouve plutôt plus finaude que ce que moi je connaissais à leur âge. C'est vraiment essentiellement un film à l'usage des adultes, même si j'espère que plein de jeunes et d'enfants viendront s'amuser devant», (François Bégaudeau.)

Forcément, ce discours anti-finkielkrautien en énerve certains qui comme à leur habitude se laisent aller à des débordements qui montrent finalement à quel point leurs argumentation et leurs positions sont bien fragiles face à leurs "collègues" qui n'ont pas abandonné une posture humaniste (ou tout simplement humaine) :

"En vérité je vous le dis : on parlera trois jours de Bégaudeau, puis quelques jours encore en octobre — mais d'ici là, un collégien [...] aura poignardé son prof, et on s'apercevra que ce film est… de la fiction  [...] je suis sûr que Bégaudeau y joue très bien : il réalise a priori l'idéal du comédien selon Diderot — une structure vide dans laquelle un bon metteur en scène peut glisser n'importe quel rôle. L'idéal de la société du spectacle, quoi. Par ailleurs, littérairement parlant, il se range tout naturellement dans cette théorie d'écrivains baudruches dont parle Pierre Jourde dans La Littérature sans estomac ." (Brighelli)

Faut-il vraiment commenter ?

Voilà qui me rend encore plus sympathiques les lauréats d'hier.

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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Mercredi 21 mai 2008

Voilà plusieurs fois, depuis quelques mois, voire quelques années, que j'entends dire ou que je lis que les enseignants sont des nantis prétentieux et méprisants.

Côté enseignants, on peut ressentir les choses différemment :

Quand le Gouvernement annonce partout qu'il consulte les enseignants et qu'il ne tient absolument pas compte de leurs propositions, d'où vient le mépris ?

Quand des auteurs proches du ministre comme Bentolila publient des manuels intitulés « programmes 2008 » avant même que les résultats des consultations des écoles ne soient remontés, d'où vient le mépris ?

Quand les programmes sont modifiés tous les deux ans, que de nouveaux programmes paraissent avant même que les précédents aient été évalués, quand en réalité c'est l'école qui est manipulée au profit des politiques, d'où vient le mépris ?

Quand les enseignants sont traités de nantis égoïstes et de fouteurs de merde, de preneurs d'otages et j'en passe lorsqu'ils manifestent leur inquiétude ou leur colère parce qu'ils estiment que les élèves seront les premières victimes de nouvelles mesures, d'où vient le mépris ?

Quand on prétend répondre aux problèmes de l'école en instituant le service minimum d'accueil (comme si on avait besoin de Darcos pour organiser des garderies dans nos villages et dans nos quartiers), d'où vient le mépris ?

Quand on prétend partout qu'à l'école de nos grands-parents, tout le monde savait lire, écrire et compter autrement mieux qu'aujourd'hui, d'où vient le mépris ?

Quand on stigmatise l'école et les enseignants sans jamais remettre en question l'organisation de notre société de plus en plus inégalitaire, d'où vient le mépris ?

Quand on prétend que ce sont les "pédagogistes" qui ont dévalué l'école, sans se poser une seule seconde la question de savoir si cela n'aurait pas été bien pire sans eux, d'où vient le mépris ?

Les résultats de l'école ne seraient-ils pas à l'image, finalement, de ce que certains ont intérêt à ce qu'elle reste : tout simplement un appareil à sélectionner ?

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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Mardi 20 mai 2008
Une évaluation a été ratée par les élèves ?
" Normal, ils ne travaillent pas !"

Une évaluation a été réussie.
"Normal, elle était facile !"
par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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