Les réponses illustrées de Rhumbs au débat suscité par le précédent article de Théo.
"Pourquoi, alors qu'ils disposaient de bons indicateurs de la débâcle d'un certain
enseignement, les pédagogistes n'ont pas eux-mêmes cherché à rectifier le tir ? Quand ils ont, au contraire, rejeté la faute de l'échec sur le collège, d'où vient le mépris ?"
Ce n'est pas qu'ils ne l'aient pas fait, mais c'est s'aveugler sur le fait qu'ils aient été et
sont encore très minoritaires malgré la propagande faite pour faire croire à leur omnipotence.
Ils n'ont pas rejeté la faute sur le collège mais dénoncé le fait qu' ""Il ne suffit pas de voter à gauche pour
être un enseignant de gauche". Il n'était pas question de mépris, mais de miroir. Mais qui veut d'un miroir ? On
les casse tous dans les établissements scolaires, mais cela supprime-t-il les problèmes ? Ces empêcheurs de ronronner et de se congratuler n'ont évidemment pas été entendus mais vilipendés, ont
mis leur carrière en jeu, ont travaillé individuellement faute d'équipe éducative dont ons se gargarise mais qui n'existent nulle part.
Leur référence aurait pu être cette citation de Camus :
"On ne félicite pas un instituteur d’enseigner que deux et deux font quatre. On le félicitera peut-être d’avoir choisi ce beau métier. Disons donc qu’il
était louable que Tarrou et d’autres eussent choisi de démontrer que deux et deux font quatre plutôt que le contraire, mais disons aussi que cette
bonne volonté leur était commune avec l’instituteur, avec tous ceux qui ont le même coeur que l’instituteur et qui, pour l’honneur de l’homme, sont plus nombreux qu’on ne pense, c’est du moins la
conviction du narrateur. Celui-ci aperçoit très bien d’ailleurs l’objection qu’on pourrait lui faire et qui est que ces hommes risquaient leur vie. Mais il vient toujours une heure dans
l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. L’instituteur le sait bien. Et la question n’est pas de savoir quelle est la récompense ou la punition qui attend
ce raisonnement. La question est de savoir si deux et deux, oui ou non, font quatre. Pour ceux de nos concitoyens qui risquaient alors leur vie, ils avaient à décider si, oui ou non, ils étaient
dans la peste et si, oui ou non, il fallait lutter contre elle. Beaucoup de nouveaux moralistes dans notre ville allaient alors, disant que rien ne servait à rien et qu’il fallait se mettre à genoux. Et Tarrou, et Rieux,
et leurs amis pouvaient répondre ceci ou cela, mais la conclusion était toujours qu’ils savaient : il fallait lutter de telle ou telle façon et ne pas se mettre à genoux. Toute la question était
d’empêcher le plus d’hommes possible de mourir et de connaître la séparation définitive. Il n’y avait pour cela qu’un seul moyen qui était de
combattre la peste. Cette vérité n’était pas admirable, elle n’était que conséquente."
"Si les gouvernements de gauche comme de droite n'ont pas mené une politique éducative ce n'est pas au syndicat qu'il faut le
reprocher."
Ni rancœur, ni aigreur, mais la volonté de ne pas travestir la réalité.
Si la droite, jusque dans les années 75, a été plutôt progressiste en matière d'éducation (le
collège unique, la même scolarité pour tous jusqu'à 16 ans, une ouverture vers une pédagogie moderne, c'est elle, malgré l'opposition constante des syndicats et de la majorité des personnels), ce
n'est pas par humanisme, mais par nécessité économique d'une élévation générale du niveau de formation. Les conditions ayant changé, elle tient à réserver à ses chères têtes blondes, les emplois
de fort et très haut niveau, en nombre forcément limité. Quant aux autres, la plèbe, peu importe, pourvu qu'ils se tiennent tranquilles à coup de TF1, de tiercé, de loto ou de foot.
La gauche n'a su que virer Savary qui donnait un espoir aux enseignants progressistes. La
perspective électoraliste d'un revirement de vote à gauche tétanisait les éléphants, d'où les Chevènement, les Allègre et les Lang, fossoyeurs d'un renouveau pédagogique. Cela ne leur d'ailleurs
pas porté chance puisque nombre d'enseignants ont voté Bayrou, ce grand homme de gauche-sic qui s'était endormi dans les bras du SNES.
"Plutôt que de prendre le risque de
changer une société qui les a fait entrer dans la petite-bourgeoisie, les enseignants ont choisi de se préoccuper de "pédagogie"."
Si la première partie du constat est tout à fait juste, il faut avoir un certain aplomb et un aveuglement partisan pour ne pas se rendre compte
que la majorité des enseignants méprise la pédagogie, il n'est que de voir les commentaires sur ce blog pour s'en rendre compte.
Les enseignants qui ont cru qu'ils étaient "parvenus" à la bourgeoisie sont bien les cocus de l'histoire. Il n'est que d'examiner le déclin des
résultats de leurs enfants.
"Mais si vous vous penchiez un peu sur le mépris des classes populaires à l'égard de l'école ? Pourquoi certains - et ils sont nombreux -
pensent que l'école ne sert à rien et se résume à de la garderie ? Pourquoi beaucoup de nos gamins ne voient pas dans l'école un ascenseur social ? "
Ces classes populaires ont été tellement oubliées par ceux qui auraient dû les promouvoir, les enseignants et l'école, qu'elles pensent que ce
qu'elles ont vécu, école garderie, non formatrice, sans ascenseur social, est la seule possibilité. Presque tous ont, consciemment ou inconsciemment, un compte à régler avec l'école des trente
dernières années, la seule école qu'ils aient connu, les hussards noirs de la république ayant quitté la place pour cause de fin de carrière et n'ayant pas eu de successeurs.
"Enfin, je suis surpris que l'on stigmatise l'école lorsqu'elle "sélectionne". Vous plairait-il d'être soigné par un médecin ignare ou de
voyager avec un pilote incompétent ?
Je tremble à l'idée de consulter un médecin incompétent parce qu'insuffisamment professionnalisé bien que la mort ne soit qu'un court moment à
passer, autant je tremble en pensant que mon enfant tombera aux mains d'un enseignant non professionnel car il traînera ce handicap toute sa vie. Et j'ai bien raison de trembler car,
contrairement aux pilotes incapables, rarissimes car tout de suite éliminés, ces"Maîtres" peuvent sévir en toute impunité, et plastronnent par-dessus le marché en vouant la professionnalisation
aux gémonies à longueur de blog.
Heureusement que c'est l'école qui sélectionne, au moins peut-elle le faire sur des critères honnêtes si on lui en donne les
moyens."
On dirait du Sarkozy pur sucre.

"Résultat, un élève qui ne possède aucune connaissance personnelle parce qu'il n'a pas révisé peut décrocher 12 à 13/20 sans aucun problème.
Est-il besoin de préciser : et sans pour autant s'exprimer en français correct, loin s'en faut."
Si cet élève, malgré l'absence de formation et d'encouragement dans cette voie de l'exploitation de documents (sur un sujet d'histoire on ne
"copie" pas seulement) obtient 12 cela signifie que s'il était formé aux méthodes de recherche il passerait le seuil minimum de ses compétence pour l'améliorer. Encore faudrait-il que la
construction partielle de son savoir par l'élève ait droit de cité dans une classe.
Quant à l'expression en français correct, que n'y a-t-il, pendant chaque heure de cours, quelle que soit la discipline, un temps pour sa parole
d'élève, un temps pour l'apprentissage de la lecture critique de documents écrits ou graphiques, un temps pour la rédaction personnelle d'un ou plusieurs paragraphes argumentés pour une réponse
écrite. Las, le flot verbal de l'enseignant, les fausses questions d'un cours dit "dialogué", ne laissent aucune place à ces activités et encore moins à un accompagnement par le professeur qui
estime, soit que cela relève de son collègue de français ou que cela devrait être acquis puisque ses propres enfants maîtrisent ces techniques.
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