C'est ce qu'affirme l'économiste Eric Maurin, invité à l'université d'automne du SNUIPP.
"A partir des années 1950, ont été mises en oeuvre - en Scandinavie, au Royaume-Uni, en France - des politiques de mise en place de collège unique, consistant à abandonner la
sélection précoce à 10-11 ans (avant, 20% allaient vers des collèges d'enseignement général, les autres dans des filières plus courtes et très professionnalisantes).
Le diagnostic est sans appel: les générations qui ont bénéficié de ces réformes ont un niveau moyen de formation plus élevé et réussissent mieux que les personnes sélectionnées très
tôt à l'entrée du collège".
(...)
"En France, le dernier grand moment de démocratisation scolaire s'est produit dans les années 1980, avec beaucoup de moyens supplémentaires donnés à l'Ecole (créations d'IUT, nouveaux bacs, STS,
nouvelles filières dans les universités, achèvement de la mise en place du collège unique).
Il y a aujourd'hui beaucoup de scepticisme autour des efforts
engagés, comme si ces politiques avaient raté leurs objectifs, ou étaient incohérentes avec le marché de l'emploi.
Je constate pour ma part que
l'effort réalisé à cette époque a "payé": le niveau de formation des personnes au moment de chercher un emploi a bondi."
(...)
"Il y a aussi une amélioration du lien social. Des études aux Etats-Unis ont montré que dans les états où des lois avaient reculé l'âge minimum de fin d'études par exemple, non
seulement leur niveau de formation avait augmenté, mais le taux d'incarcération de la population et de criminalité de la population avait baissé."
source : AFP
On a beaucoup écrit sur la fameuse lecture de la lettre de Guy Môquet. Un dernier point de vue me semble interessant à faire connaître, celui que développe
Yannick Mevel sur le site du CRAP/ Cahiers pédagogiques, dans lequel il fait le rapprochement avec les pratiques pédagogiques du prof d'histoire qu'il est. Je le rejoins
complètement.
"Que savait Nicolas Sarkozy du fait que la résistance est au programme de première, que la mémoire de la guerre est à celui de terminale, bref que ce thème est traité dans le cadre
du programme d’histoire du lycée deux années sur trois ? Et qu’en savent les journalistes et les non-profs d’histoire qui « ne comprennent pas » que de
nombreux profs d’histoire refusent cette célébration ? Rappelons à ce propos que les programmes d’histoire du lycée permettent d’aborder la plupart des sujets « aigus » de
l’histoire récente : colonisation et décolonisation, Vichy, la collaboration, la résistance, la shoah et sa mémoire, la question israélo-palestinienne, la guerre d’Algérie (y compris la
bataille d’Alger et la torture), la guerre du Vietnam, le « phénomène » religieux, tous ces thèmes dont des journalistes et des politiques prompts à se poser en justiciers croient qu’il
suffit de dire « on n’en parle pas aux élèves » pour se faire bien voir de ceux dont la mémoire est sensible ! Il y a belle lurette que les programmes d’histoire n’occultent plus
les « questions sensibles » ! La question n’est donc pas « faut-il en faire des objets d’étude ? » mais « comment en faire des objets d’étude ? » (Si
l’on voulait faire une critique politique des contenus des programmes il faudrait plutôt interroger la place de l’histoire sociale...). Pour revenir à l’affaire de la lettre : non, il n’y a
pas au lycée un déficit d’histoire de la Résistance et de la collaboration que la « journée » de lundi viendrait combler ! Mais, en effet, quelque chose a changé depuis la mort de
de Gaulle (9 novembre 1970) : la version officielle gaulliste (ce qu’Henry Rousso a nommé le « résistancialisme ») n’est plus au programme. Par contre, une réflexion plus large sur
la période est proposée qui prend en compte la collaboration, la diversité et les évolutions des positions des uns et des autres dans la période, bref l’Histoire avec ce qu’elle implique de
distance, de nuance et de confrontation critique au document. Je suis de ceux qui pensent qu’il y a encore trop d’apprentissage sans réflexion, trop de dressage, d’admiration obligatoire, pas
assez de formation à l’esprit critique dans l’enseignement de notre matière. De ce point de vue aussi, pédagogique et didactique, la lecture de la lettre de Guy Môquet est une
régression !"
Pour lire l'article de Yannick Mevel dans sa totalité : http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3360
Christian Vanneste, condamné pour des propos homophobes et réélu député du Nord en juin sous l'étiquette du CNI, devrait être officiellement investi par l'UMP pour les municipales de
mars à Tourcoing (Nord), a-t-on appris lundi auprès du secrétaire fédéral du Nord de l'UMP.
"C'est très clair qu'il aura l'investiture UMP" pour les municipales à Tourcoing, à déclaré à l'AFP Thierry Lazaro à propos de M. Vanneste, précisant qu'il n'était "pas encore investi pour une
raison simple, c'est que la commission nationale d'investiture délibère pour l'instant".
Condamné en appel en janvier pour des propos homophobes, Christian Vanneste, qui s'est pourvu en cassation, a été largement réélu lors des élections législatives de juin sans l'investiture
officielle de l'UMP, qui n'avait toutefois pas présenté de candidat face à lui.
Député de la 10e circonscription du Nord (Tourcoing), il siège depuis son élection au sein du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
(...) M. Vanneste a été condamné 3.000 euros d'amende pour avoir notamment affirmé que l'homosexualité était "inférieure à l'hétérosexualité"
Source : AFP
Ce qui est sans doute le plus triste, c'est que ça lui rapporte peut-être des voix et c'est ce qui motive l'UMP dans ce choix.
Quand je pense que certains crient au scandale quand on tente d'enseigner l'esprit critique et celui de tolérance dans les écoles ...
Les Vanneste et Hortefeux ont encore de beaux jours devant eux ...
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