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Vendredi 30 novembre 2007

 

Pour tous ceux qui, comme moi, ne regardent jamais le JT sur TF1, l'équipe d'Arrêts sur images nous a fait un condensé qui suffit amplement.
Du vrai journalisme !


La grève des transports, par JP. Pernaut
par lofi publié dans : Politique communauté : Politique Directe
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Jeudi 29 novembre 2007
Courriel de l’amie Florence, ancienne élève, marraine d’un de nos fils, et aussi professeur atypique.
 

« Victor ?
 
Toutes les filles étaient amoureuses de lui ! ( Sauf moi, moi, c'était de son pote ).
Un jour alors que tu faisais cours, il s'est levé et a piqué ton éternelle écharpe verte tricotée main, tricotée cœur, l'a mise autour du cou et t'a singé.
Il était derrière toi, il faisait tes gestes.
Nous rigolions.
Tu lui as fait remarqué qu'il ferait mieux de prendre des notes... à ce quoi, il s'est précipité sur le tableau et a disséqué ta "gestion du tableau" -diraient les IUFuMistes- : et en effet, quel bordel, un dessin de pagaie, des mots un peu partout, des schémas, un tableau type de jpd.
Et là, tu as été très fort, nous attendions que tu te mettes en colère mais non, tu t’es marré avec lui et on a repris le cours tranquillement...
 
Une autre fois, il faisait le con, tu t'es mis en colère, t'es approché de notre table ( Patricia et moi ) tu l'a soulevée en hurlant, reposée par terre ; terrorisées, nous avons pensé que tu allais le tuer...
tu l'as attrapé par le col et l'as installé au fond de la salle de classe, puis lui a jeté son sac de cours, sac US, qui en fait à volé à travers la salle, et a atterri aux pieds de Victor.
 
Une journée ordinaire entre Victor et jpd.
 
Nous ne comprenions pas les enjeux autour de Victor, un jour alors que nous rigolions à ces bêtises, tu nous a fait remarquer que le seul membre intelligent de la classe était son pote, qui lui ne se marrait pas.
J'ai compris ce jour là que son comportement était le signe d'une grande douleur.
(je crois que c'était en 5°, l'année où tu étais notre prof principal). »
  

Oui Florence tu étais bien en 5 ème.
 
Victor me préoccupait beaucoup par sa fragilité .
Il allait parfois se coucher au fond de la classe, en chien de fusil.
La posture était elle de l’ordre de la psychose ? Ou le trouble adolescent allait il s’atténuer ?
Les parents étaient bien présents, j’étais professeur, pas psychologue, j’ai fait le choix de me taire.
 
J’ai su plus tard qu’il avait, après le collège, morflé durement .
Quand je peux je demande de ses nouvelles.
Les dernières de ses nouvelles sont très anciennes . Il était papa, avait du boulot et remontait la pente.
 
 
 
 
En ces temps j’avais de bonnes jambes.
 
La classe tourne à l’orage.
Un élève montre des signes de grande perturbation. Il semble vouloir commander aux éléments.
Aux éléments, passe encore, mais à moi, ce n’est pas prévu par mon règlement de classe, même amendé par les élèves .
 
Le lascar me nargue et soudainement prend ses cliques et ses claques et sort de la classe en courant.
Je ne réfléchis pas, je dis aux délégués : « veillez au calme, je reviens »
Et me voilà coursant mon lapin agile, qui ne s’attendait pas à voir son professeur le talonner ainsi.
Le phénomène accélère, vire dans l’escalier, se précipite dans la sortie, se croit sauvé.
 
Et non, mon canard tu vas te faire plumer ! Je mets mes dernières ressources dans une petite accélération et coince la bestiole avant qu’il n’ait eu le temps de gagner la grande route.
 
Je le prends par le col et roulez jeunesse direction la classe.
«  Jeunes gens nous pouvons avoir des désaccords mais ceux ci doivent se parler en face à face, non pas à la course à pied. »
Petit couplet sur ma responsabilité..
et si le fuyard s’était fait renverser par une voiture ?
hein ?
Ses parents n’auraient ils pas porté plainte ?
 
 
 
Ce fut une journée un peu extraordinaire ….
 
Là encore, il ne faut pas en faire un principe ! Je ne conseillerai jamais en iufm la course à pied…
 
Que faire, la prochaine fois pour étonner le public ?
 
Le bon acteur ne le décrète pas à l’avance
mais le professeur qui a une formation en « jeu dramatique »
lui s’amuse à inventer sur la structure et à improviser.
 
Vieux cabot, va !
 

 

par jpd publié dans : Souvenirs d'un "républipédago" communauté : La communauté pédagogique
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Mardi 27 novembre 2007

Trois phrases prononcées ces derniers jours. Consternantes toutes les trois !

" L'urgence, ce n'est pas la Chine c'est la Birmanie"  BERNARD KOUCHNER



"Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail" LAURENCE PARISOT


" Un jour, vous direz que j'ai réformé autant que Margaret Thatcher" NICOLAS SARKOZY

par lofi publié dans : Politique communauté : Rassemblement de gauche...
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Lundi 26 novembre 2007
Examen et concours.
 
J’ai réussi l’examen d’entrée en sixième…
 
Internat sinistre. Dortoirs sinistres : 3 étages de 150 lits minimum, immense alignement dans une immense unique pièce.
6h du matin : debout à la sonnerie. T’es pas levé ! : PS ( privation de sortie )
Le maton surveillant veillait à la propreté, au silence et au lit au carré.
6h30 7h30, étude, le ventre vide. Froid d’hiver je me pelotonne près du radiateur.
( J’ai toujours eu de la tendresse pour les élèves « près du radiateur » 
7h30 8h, dans un réfectoire immense : le petit déjeuner .
Struggle for life : j’ai passé mes UV de connerie humaine.
 
Je suis tombé malade, rougeole ou un truc comme ça.
L’infirmière était extra, serait elle tombée amoureuse de moi ?
« mon ptit lapin » par ci , « mon p’tit lapin » par là.
Madame je ne vous remercierai jamais assez.
J’ai pris un abonnement et toujours un lit près d’un radiateur :
un p’tit coup de radiateur sur le thermomètre et hop,
trois jours au dodo chaud et calins pour le p’tit lapin.
 
D’un autre côté je n’arrêtais pas de bloquer des PS. A l’étude, une grande salle immense avec un surveillant veillant au strict silence : ouvrir la bouche pour chuchoter : PS.
Vrai, juré, c’est vrai, nous avions un pion, un malade, qui montait et démontait un revolver.
Un autre qui devait étudier le chinois se polissait le chinois en nous faisant recopier des caractères…
Sur l’ensemble de la 6 ème si je suis rentré 10 fois chez moi c’est largement compté.
PS : lugubres, samedi, dimanche, je suis engoncé dans un lugubre uniforme pour de lugubres promenades, en rang obéissants, dans la lugubre campagne avoisinante.
 
J’ai redoublé la sixième.
 
En quatrième je n’avais plus de PS, j’en faisais obtenir aux autres….
 
UV de Vice 
Ecole de la démerde.
 
J’ai continué à lire, lecture refuge, lecture oubli.
Des sourires toutefois :
- mon copain Pianezza,
T ‘es où Pianezza ? ,
Si tu es encore vivant lève le doigt !
- Un surveillant révolutionnaire : à 6h nous avions 5’ pour nous lever, de la musique et un sourire.
Il est devenu un prof extra…., le ciné club… génial, un camp en Corse…génial.
  
Après le coup du b a ba, il y a de drôles de républicains qui veulent vous faire le coup du retour aux bonnes vieilles méthodes du bon vieux temps : on va se marrer !
 
 
J’ai réussi le concours d’entrée à l’Ecole Normale.
 
Il faut que je vous narre les circonstances de cet exploit.
J’étais en fin de seconde, rares étaient les réussites d’élèves de troisième à ce concours envié et difficile.
 
Il fallait absolument que je prenne mon « indépendance ».
 
Arrivée la veille nous avions la chance d’être logé à l’internat.
Que nous a-t-il pris ?
L’air de la liberté ? Le goût du risque ? Le trouble du gardien de but qui voit l’attaquant devant lui ?
Bref nous avons fait le mur !
( C’était la première chose que les anciens nous expliquaient : « Tu vois ici c’est par là qu’il faut faire « le mur » »)
 
Donc veille de concours, hardi jeunesse le mur, le cinéma, le bistrot…les douceurs de la nuit adolescente.
Retour vers la réalité.
Le « mur » : impeccable.
Les couloirs : impeccable.
La porte d’entrée du dortoir : pas impeccable, ce n’est pas qu’elle grinçait, elle était fermée.
Nous avons donc dormi à deux dans ….le placard à balais.
 
Petit matin les épreuves…certaines étaient terrifiantes. Le résumé de texte à partir de deux lectures en particulier devait être un filtre à esprits de synthèse.
 
Je devais avoir un peu de ce fameux esprit de synthèse : ai été reçu dans les derniers !
Suis sorti cinq ans après dans les premiers, après bien des murs et des petits séjours dans le bureau de monsieur le Directeur.
Monsieur le directeur venez là que je vous embrasse !
Il m’avait, une fois, confié à l’intendant….que faire avec cet histrion ?
« Enfermé » toute l’après midi du mercredi dans l’amphi, seul, bouclé à clefs, sans hand ball.
 
 
Vous comprenez pourquoi j’ai eu des capacités de compréhension, presque infinies, pour la connerie adolescente ?
J’ai toujours « sévi » jamais avec mépris, parfois avec drôlerie.
Je leur disais, de temps en temps,
« le rois des cons ce n’est pas toi, c’est moi »
«  J’ai bien des défauts mais je ne suis pas rancunier »
 
Et celle ci ( je ne sais pas si je dois le dire ..)
« Va y avoir du sang sur les murs »
Ils se marraient…
Ou :
« Le seul autorisé à dire des c……. » c’est le professeur ! »
Ils se marraient.
 
Et le cours reprenait.
 
Un cours c’était aussi des « pauses », courtes mais nécessaires.
«  On s’y remet jeunes gens ! »
 
 
 
En parlant de mur.
Avec l’ancienneté, certains élèves avaient le privilège d’avoir la clef du portail d’entrée de l’EN.
Je faisais partie de ces privilégiés.
Cela ne vous étonne pas ?
Je n’en ai jamais abusé. Rentrée en silence, le plus loin possible des appartements de Monsieur le Directeur, notre papa à tous dont il ne fallait absolument pas troubler le sommeil.
 
Père sévère, père juste, père aimé.
Monsieur le directeur n’avait pas eu d’enfants.
Tous les ans, il en adoptait une fournée nouvelle.
par jpd publié dans : Souvenirs d'un "républipédago" communauté : La communauté pédagogique
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Dimanche 25 novembre 2007
bon-point.jpgà une collègue rencontrée au hasard d'un stage qui me confiait : " Les films, les romans et les essais historiques  sont plébiscités par les gens. Par contre, quand on demande aux élèves les matières qu'ils n'aiment pas, beaucoup répondent l'histoire ! Il y a là un vrai paradoxe qui devraient amener les profs d'histoire à réfléchir sur leurs pratiques"
Pas faux.
par lofi publié dans : Boîte à bons points communauté : La communauté pédagogique
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