Education & Politique
"Il ne suffit pas de voter à gauche pour être un enseignant de
gauche"
Après le drame de Meyzieu (un collégien qui a poignardé d'autres élèves), Philippe Meirieu a reçu
des mails et une lettre anonyme lui imputant la responsabilité de cet événement... De courageux anonymes, se sentant pousser des ailes après les dernières déclarations belliqueuses de notre
ministre se sont permis cette réaction dégueulasse.
Eh oui ! En ayant participé comme pédagogue à la mise en place des élèves au centre du système scolaire, il aurait fait de ces derniers des petits tyrans que plus rien n'arrête. Sombre
crétinerie à laquelle Sylvain Grandserre répond rapidement en affirmant l'inverse :
"C’est parce que les pédagogues, ont usé à la marge de leur liberté pédagogique pour aller vers une pédagogie de la liberté (circulation, expression, communication, création, tâtonnement,
recherche, responsabilité) qu’ils ont patiemment élaboré et mis en place des dispositifs pertinents : code de la classe, permis à points, réglettes, passeports de circulation, ceintures de
comportement, monnaie de classe, réunion de coopérative, conseils d’enfants, boîtes aux lettres, brevets, contrats individuels de réussite, « métiers », médiateurs, tutorat, délégués, etc. De
Janus Korczak à Fernand Oury, en passant par Célestin Freinet, c’est justement dans des situations où il n’était plus possible de travailler que sont nées les techniques salvatrices. Comment
peut-on faire croire que nous aurions abusé de tout cela quand, pour tant d’enseignants, ces pratiques restent totalement inconnues ? "
Le reste ici
"Le coupable idéal"
L’école va mal, va très mal, et le coupable, c’est lui.
Il a participé au Conseil National des Programmes heureusement disparu, nous dirons qu’il a bradé des savoirs auxquels ils ne croit pas.
Il a contribué à mettre en place, y compris au niveau du bac, des formes de « travaux collectifs », nous dirons qu’il s’efforce par tous les moyens de maintenir nos élèves dans l’évitement du vrai savoir.
Il est devenu une référence pour la formation des maîtres, nous dirons qu’il a formaté les esprits des jeunes enseignants en les enfermant dans des dogmes qu’il leur est interdit de contester.
Il a disséqué l’acte d’apprendre et d’enseigner, nous dirons qu’il a privé les maîtres de leur juste conscience d’exercer un art personnel, indicible, supérieur à tous.
Il a expliqué comment on pouvait différencier, nous dirons qu’il est à l’origine du vaste nivellement par le bas à l’œuvre dans une école qui n’ose plus exclure personne.
Il a montré qu’on pouvait enseigner autrement, nous dirons qu’il a découragé et culpabilisé des centaines d’enseignants en imputant l’échec de cancres et trublions patentés au manque de savoir-faire de leurs maîtres.
Et c’est ainsi que répètent à l’envi, non seulement ses traditionnels adversaires, mais certains journalistes décidément bien peu spécialistes malgré leur titre : c’est la faute à Meirieu ! . Avec une assurance ahurissante, une envoyée de Marianne lui lance récemment lors de Ripostes : « Et voilà l’école que vous avez faite, M. Meirieu ! ». On croit rêver devant un tel déni de la réalité… Des gens qui n’ont pas lu sérieusement un ouvrage de pédagogie ni ne sont allés voir ce que sont les classes ordinaires répètent paresseusement, parce que ça fait bien, parce que ça évite de penser, que l’école va mal en raison d'un mélange de démission et d’impuissance savamment entretenues.
Si les profs sont malheureux, si à l’école tout n’est que jeu, si à Pisa nous sommes piteux… c’est la faute à Meirieu. Pas terrible, mais ça marche !
Florence Castincaud, Revue Les Cahiers Pédagogiques
Ostiane et Lofi, c'est sympa votre visite chez Brighelli : on croirait deux gamins en maraude coincés par le garde-champêtre !
Cette guerre entre les deux écoles est absurde.
Les partisans d’une « autre école » ne pourront pas balayer la concurrente d’un coup de plume…moderne.
Les partisans de la « vieille école » ne pourront pas balayer la concurrente d’un coup de plume ….méprisante.
Forcément faut vivre ensemble et …se supporter, s’admettre, s’apprécier, se détester ….
Au primaire , l’autre école n’a du sens qu’en équipe et sur la durée.
(Sauf pour les maitres declasses unique, icem , autre
problématique)
C’est pour cela que l’existence des cycles, même chaotiques et balbutiant est
précieux.
Il n’est pas possible d’être « moderne » tout seul. Il est plus facile d’être « ancien » tout seul.
Travailler en équipe est un casse tête incroyable, et contradiction un « chef » ( démocratique, of course), est indispensable.
Il ne suffit pas de mettre en place et de réussir les
premiers pas, il faut durer.
Le renouvellement de l’équipe est alors un souci à anticiper.
Dans l’ancien mode fastoche : 21 remplace 18. Point barre.
Au collège alors là j’avoue ma perplexité.
Le travail en équipe ? en général une affirmation qui cache, souvent, de vieilles pratiques de direction paternaliste et familiale mais par les temps qui courent il y a des mots à employer pour être bien vu.
La seule piste : le groupe de 100 élèves devient l’unité de bas, la classe l’unité seconde. Les professeurs effectuent leur service essentiellement dans ce module.
Legrand l’avait avancé, Meirieu le reprend et il a raison.
Les socialistes en 1983 n’en ont pas voulu, le snes non plus.
Milner a été soulagé et De Romilly a apprécié.
Vive le statut quo.
Deux décennies de sur place sont à prévoir.
Certains pensent que c’est par le changement de la pratique en classe que l’on y arrivera.
Sans critiquer cette approche, indispensable, au niveau individuel, je pense que le changement structurel est déterminant et qu’il facilitera le changement éventuel des pratiques individuelles.
Question structure …c’est pas la modernité qui nous étouffe !!!
Au lycée, le poids devrait être mis sur le travail personnel mais ce, guidé par des professeurs.
Darcos n’en prend pas le chemin !
Je retourne à mon bricolage...vacillant !
"Qui ne continue pas à apprendre est indigne d'enseigner" (Gaston Bachelard)
"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim" (Michel Tardy)
Quant à la pédagogie "de la liberté" de Grandserre, cela ressemble furieusement soit au Club Med avec les colliers de boules pour payer au bar, soit à une sorte de réunion managériale. "Contrats individuels de réussite", "métiers", "passeport", "ceintures de comportement" (diantre ! et pourquoi pas un uniforme pendant qu'on y est ! Avec brassard et galons s'il vous plaît !) tout ce que je déteste dans ma vie d'adulte infligé aux enfants.
Et on ose nous parler de "liberté" ? Quelle blague.
franchement bgt on regrette vraiment que vous ayez rompu votre silence méprisant.