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Mardi 13 mai 2008
Je vous conseille vivement la lecture de l'analyse faite par Philippe Watrelot de la violence des débats sur l'école.
Certaines remarques s'appliquent parfaitement à ce qu'on peut parfois rencontrer sur ce blog.
par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
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Commentaires

Il est possible de compléter avec :

pédagogisme :

http://philippe-watrelot.blogspot.com/2008/05/pdagogisme.html


commentaire n° : 1 posté par : jpd le: 13/05/2008 16:42:52
C'est en effet un article intéressant et assez nuancé mais qui oublie tout de même quelques faits en route, par exemple lorsque Ph. Watrelot écrit :

"On ne fait pas avancer le système éducatif et les enseignants en les insultant [il parle d'Allègre]. Comme Philippe Meirieu fût un des conseillers du ministre, il est malheureusement durablement associé à cette image et subit aujourd’hui encore une violence disproportionnée et irrationnelle."

...la réponse est déjà contenue dans son propre commentaire. Ph. Meirieu a bien été le conseiller d'Allègre, la violence qu'il subit en retour n'est donc pas "disproportionnée et irrationnelle".
Par ailleurs, pour l'avoir vécu et accepté dans mes premières années d'enseignant, je conteste vivement l'idée répandue par certains que le pédagogisme n'aurait été qu'un fantasme et un leurre. Dans mon école normale (1981-1984), la quasi-totalité des formateurs suivaient aveuglément les théories les plus fumeuses, globale incluse. Nous aurions risqué l'excommunication et partant l'exclusion si l'un de nous avait eu le malheur d'utiliser autre chose que les canons du dogme.
commentaire n° : 2 posté par : victor le: 13/05/2008 18:46:12
Victor, 
Que la violence soit explicable ne signifie pas qu'elle ne soit pas disproportionnée et en bonne partie irrationnelle. Faire de Philippe Meirieu le responsable de toutes les conneries d'Allègre (alors qu'on sait très bien qu'il faisait travailler des personnes en parallèle pour ne pas forcément les écouter...) est tout aussi idiot que de penser que Brighelli est devenu aujourd'hui le conseiller occulte de Darcos...
La violence des  attaques vis-à-vis de Philippe Meirieu est en partie irrationnelle lorsqu'elle le rend par exemple responsable de la violence scolaire et notamment du drame de Meyzieu comme on l'évoquait ici même dans un précédent billet. 
Qu'il y ait des critiques à faire au camp des "pédagogues", c'est pour moi une évidence. Par exemple, j'ai un discours beaucoup plus critique sur les IUFM depuis que  j'y suis prof en temps partagé ! (c'est un choix militant pour moi que d'avoir cette double casquette)
Mais ce que j'aimerais surtout c'est qu'on sorte de cette logique binaire. Rien n'est plus énervant et plus faux que de répéter sans cesse que les "pédagogues" oublieraient les savoirs et qu'à l'inverse ceux qui se disent "républicains" ne se préoccupent jamais des modalités de la transmission de ces savoirs...
Allez Victor, vous avez le droit de me traiter de naïf et d'idéaliste...
PhW 
commentaire n° : 3 posté par : Philippe watrelot (site web) le: 13/05/2008 19:04:12
@Victor

Oui le "pédagogisme" a été alimenté, entre autres, par des dixièmes couteaux d'iufm qui ont, zélateurs mal zélés, fait et dit bien des messes grises.
Je l'ai déjà dit.

Ce n'est pas sur ces caricatures qu'il faut assassiner les meilleures "têtes pensantes".
La génération des Meirieu et Charmeux est maintenant remplacée par des talents plus jeunes et ma foi nombreux.
Le ménage à faire dans les iufm est une autre chose, l'amélioration de la formation autre chose.
commentaire n° : 4 posté par : jpd le: 13/05/2008 19:07:34

Je renvoie Victor à ce que j'ai écrit sur la petite histoire de la formation pédagogique et en particulier au passage :

"A la fermeture du recrutement pré-bac des EN  dans les années 75, les profs d'EN qui étaient presque tous des certifiés qui n'avaient accepté ces postes qu'à regret et, à de rares exceptions près, ne connaissaient rien, et ne s'intéressaient pas à la pédagogie, se rendirent compte de leur sinécure. Ils trouvèrent un défenseur zélé dans le secrétaire de leur syndicat, PC orthodoxe qui obtint la conversion des EN en centres de formation pour les instituteurs avec maintien du personnel en place.

La formation pédagogique fut donc assurée par à peu près n'importe qui, le nombre de stages, longs et courts offerts aux instituteurs étant si considérable, que le public manqua bientôt, soit parce que la formation proposée ne présentait pas d'intérêt, soit par lassitude, soit par conviction qu'ils n'avaient aucune besoin de formation continuée (sentiment encore très répandu !!!)

L'état actuel de délabrement de l'enseignement élémentaire en découle.

Pour le second degré, l'institution commença à intégrer les formateurs des associations dans des offres de stages officielles, le succès venant à cause du militantisme des IREM et de l'AFEF en particulier, la MAFPEN naquit. Mais sa croissance ouvrit la voie à un recrutement parfois approximatif, très souvent fondé sur le niveau disciplinaire, puis à la cooptation donc au copinage. D'où une disparition des stages de formation générale qui seuls permettaient d'avoir des ouvertures sur de domaines prometteurs à explorer, la sociologie des groupes par exemple.

La nécessité des IUFM apparut. Et le mécanisme de la machine à perdre se remit en route. Alors qu'ils ne devaient avoir qu'une équipe très restreinte de permanents et une majorité d'intervenants à temps partiel gardant un service partiel dans les classes, le syndicat des profs d'EN avec son inamovible secrétaire, obtint son intégration pure et simple dans les IUFM, un tel fromage ne se lâchait pas si facilement. Les dents longues ils s'étendirent à la formation du second degré et à la préparation au concours d'entrée puisqu'il fallait trouver des heures. Les formateurs MAFPEN voulurent aussi continuer et, comme beaucoup d'entre avaient pris goût à ne plus faire classe, ils furent associés à plein temps et pour une durée indéterminée, sans considération des avancées des connaissances des sciences de l'éducation qu'ils n'avaient aucune obligation d'intégrer ou de pratiquer. La loi de l'offre par le formateur prima sur les demandes des stagiaires et sur les nécessités constatées de l'évolution du système éducatif. Le supérieur vit aussi l'intérêt de ces établissements, d'où un certain nombre de doctorats sans envergure et d'enseignements approximatifs. Les critiques que l'on adresse à l'IUFM en découlent, ce ne sont pas ses lignes directrices qui sont mauvaises mais le déviationnisme qu'elles ont subi."

Il ne faut pas fermer les IUFM (formation professionnalisante oblige !!!) mais leur redonner leurs missions primitives.

commentaire n° : 5 posté par : Rhumbs le: 13/05/2008 19:44:27
http://www.rue89.com/restez-assis/pourquoi-developper-le-soutien-scolaire-est-une-idee-nefaste
commentaire n° : 6 posté par : Rhumbs le: 14/05/2008 06:27:29
Je remets le lien de cet article stimulant.

http://www.rue89.com/restez-assis/pourquoi-developper-le-soutien-scolaire-est-une-idee-nefaste


Juste mais tellement à contre courant qu'il y a fort peu de chances que ce soit compris.
Je vais faire le tour des commentaires pour voir.
commentaire n° : 7 posté par : jpd le: 14/05/2008 11:52:52
Ah, mais progresserait-on vers une amorce de début de consensus ?
Je suis d'accord avec Ph. Watrelot quand il dit que la "La violence des  attaques vis-à-vis de Philippe Meirieu est en partie irrationnelle lorsqu'elle le rend par exemple responsable de la violence scolaire et notamment du drame de Meyzieu ". La société -pour reprendre un terme commode- a bien sûr sa part de responsabilité et il serait utopique de croire, quelle que soit la pédagogie utilisée, que l'école peut rester un sanctuaire.
Je suis aussi d'accord avec Rhumbs sur de très nombreux points de son analyse -bien argumentée- de l'évolution EN-IUFM.
commentaire n° : 8 posté par : victor le: 14/05/2008 12:45:10
Flûte, j'ai mangé la fin de mon commentaire, que voici donc.

Je reste réservé sur les contenus d'enseignement et les méthodes qui doivent, à mon humble avis, privilégier les savoirs disciplinaires. Ce dernier point me paraît fondamental au primaire, c'est pourquoi je considère le retour proclamé aux "fondamentaux" salutaire (maintenant je vous concède que j'éprouve à l'égard des "intentions" d'un tel gouvernement une méfiance hymalayenne).
A mes yeux, rien n'empêche que des expériences pédagogiques soient menées sous la responsabilité des IUFM, à condition qu'elles le soient "à fond" c'est-à-dire jusqu'à une évaluation neutre et approfondie. C'est la systématisation de ces expériences parfois bâclées et rarement évaluées qui a entraîné la querelle actuelle. Leur exploitation par des gourous et certains "mouvements", les rentes dénoncées par Rhumbs n'ont pas peu contribué à cette détestation.
commentaire n° : 9 posté par : victor le: 14/05/2008 12:56:25
Je suis toujours surpris de voir que l'on associe les "pédagogistes" à un déni de l'acquisition des savoirs. Je crois qu'ils sont au contraire préoccupés par une véritable, profonde et durable acquisition et surtout maîtrise des savoirs. Ils font une distinction cependant entre un savoir de détail que l'on peut retrouver facilement et qui n'est pas indispensable tant pour l'intelligence du savoir en question que pour la formation de l'élève (exemple nom des pyramides d'égypte ) et le savoir fondamental (le monument religieux symbole d'une certaine organisation sociale et la capacité en voyant une photographie non légendée des pyramides, de la relier à l'histoire de l'Egypte antique). Cela ne minimise pas le rôle du prof détenteur du savoir, mais demande de voir d'une part tout ce que l'élève peut savoir, lui apprendre où trouver les savoirs et l'aider à organiser ce savoir. D'autre part il faut initier l'enfant aux méthodes de recherche et d'expression, ce qui demande du temps car l'important est de lui donner un rythme dans ces activités, sinon elles deviennent non seulement fastidieuses mais contre productives. Un film sur les enfants de Barbiana montre l'importance qu'attachait à la connaissance une exemple de rénovation de l'école. Les contre exemples du déviationnisme de la mise en activité de l'élève abondent à la télé (reportages de classes vraiment en promenade) ou des rencontres que l'on peut faire de telles classes qui se croient au travail et qui me scandalisent.
commentaire n° : 10 posté par : Rhumbs le: 14/05/2008 19:10:37

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