Education & Politique
"Il ne suffit pas de voter à gauche pour être un enseignant de
gauche"
Je renvoie Victor à ce que j'ai écrit sur la petite histoire de la formation pédagogique et en particulier au passage :
"A la fermeture du recrutement pré-bac des EN dans les années 75, les profs d'EN qui étaient presque tous des certifiés qui n'avaient accepté ces postes qu'à regret et, à de rares exceptions près, ne connaissaient rien, et ne s'intéressaient pas à la pédagogie, se rendirent compte de leur sinécure. Ils trouvèrent un défenseur zélé dans le secrétaire de leur syndicat, PC orthodoxe qui obtint la conversion des EN en centres de formation pour les instituteurs avec maintien du personnel en place.
La formation pédagogique fut donc assurée par à peu près n'importe qui, le nombre de stages, longs et courts offerts aux instituteurs étant si considérable, que le public manqua bientôt, soit parce que la formation proposée ne présentait pas d'intérêt, soit par lassitude, soit par conviction qu'ils n'avaient aucune besoin de formation continuée (sentiment encore très répandu !!!)
L'état actuel de délabrement de l'enseignement élémentaire en découle.
Pour le second degré, l'institution commença à intégrer les formateurs des associations dans des offres de stages officielles, le succès venant à cause du militantisme des IREM et de l'AFEF en particulier, la MAFPEN naquit. Mais sa croissance ouvrit la voie à un recrutement parfois approximatif, très souvent fondé sur le niveau disciplinaire, puis à la cooptation donc au copinage. D'où une disparition des stages de formation générale qui seuls permettaient d'avoir des ouvertures sur de domaines prometteurs à explorer, la sociologie des groupes par exemple.
La nécessité des IUFM apparut. Et le mécanisme de la machine à perdre se remit en route. Alors qu'ils ne devaient avoir qu'une équipe très restreinte de permanents et une majorité d'intervenants à temps partiel gardant un service partiel dans les classes, le syndicat des profs d'EN avec son inamovible secrétaire, obtint son intégration pure et simple dans les IUFM, un tel fromage ne se lâchait pas si facilement. Les dents longues ils s'étendirent à la formation du second degré et à la préparation au concours d'entrée puisqu'il fallait trouver des heures. Les formateurs MAFPEN voulurent aussi continuer et, comme beaucoup d'entre avaient pris goût à ne plus faire classe, ils furent associés à plein temps et pour une durée indéterminée, sans considération des avancées des connaissances des sciences de l'éducation qu'ils n'avaient aucune obligation d'intégrer ou de pratiquer. La loi de l'offre par le formateur prima sur les demandes des stagiaires et sur les nécessités constatées de l'évolution du système éducatif. Le supérieur vit aussi l'intérêt de ces établissements, d'où un certain nombre de doctorats sans envergure et d'enseignements approximatifs. Les critiques que l'on adresse à l'IUFM en découlent, ce ne sont pas ses lignes directrices qui sont mauvaises mais le déviationnisme qu'elles ont subi."
Il ne faut pas fermer les IUFM (formation professionnalisante oblige !!!) mais leur redonner leurs missions primitives.
http://www.rue89.com/restez-assis/pourquoi-developper-le-soutien-scolaire-est-une-idee-nefaste
"Qui ne continue pas à apprendre est indigne d'enseigner" (Gaston Bachelard)
"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim" (Michel Tardy)
pédagogisme :
http://philippe-watrelot.blogspot.com/2008/05/pdagogisme.html