Présentation

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Samedi 5 juillet 2008

Puisque j'ai l'heureuse surprise de me voir régulièrement cité sur le forum Education de l'ORTF, à mon tour d'en faire autant.
Un texte de "Bumcello". C'est évidemment très caricatural, mais j'aime assez.


La journée d'Enzo 3 septembre 2012 
 
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.  La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa
maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle.   
 
Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal  à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.  
 
Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie.
L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à  comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va  à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite. Enzo est au fond de la classe.  
 
La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd  dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère. Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens. L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard.  
 
L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école. Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains ! Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman.  Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir  elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit :« A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
 
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien. Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 4 juillet 2008

Tribune parue dans Le Monde (merci à Sylvain Grandserre  de nous l'avoir fait parvenir)

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/03/une-saint-barthelemy-des-pedagogues_1065942_3232.html

Les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont promis à la disparition. Le concours de recrutement des enseignants aura lieu désormais au milieu de la cinquième année d'université (en mastère 2), quelques éléments de formation professionnelle seront dispensés entre février et juin et la prise de poste s'effectuera dès la rentrée suivante, avec un simple "compagnonnage" par des professeurs expérimentés. En reculant d'un an l'entrée dans la carrière, l'Etat fera ainsi de substantielles économies sur les salaires. Il transférera progressivement aux composantes des universités la responsabilité de la formation des enseignants et pourra fermer très vite de nombreux IUFM un peu partout.
 
Il reste, bien sûr, beaucoup de questions. Y aura-t-il un cadrage national des mastères préparant à l'enseignement ? Cela serait nécessaire, mais c'est contradictoire avec l'autonomie des universités qui risquent, tout simplement, de fagoter en vitesse des ersatz de mastère pour ne pas perdre des étudiants. L'inégalité de la formation sur le territoire national sera ainsi officialisée. Pour les lycées et collèges, la formation professionnelle risque de passer tout simplement à la trappe : on se contentera d'une formation disciplinaire - évidemment indispensable - et de quelques observations censées donner les "recettes" du métier.
Or, comment peut-on imaginer envoyer ainsi des professeurs débutants, sans préparation sérieuse, dans des collèges où les élèves, chauffés à blanc par la frénésie consommatrice, ont de plus en plus de mal à fixer leur attention... ou même dans des lycées qui exigent, aujourd'hui, une vraie formation pour faire face à des adolescents et de jeunes adultes qui n'entrent pas de plein gré dans les contraintes scolaires ? Et comment formera-t-on les étudiants qui se destinent à l'enseignement primaire ? S'agira-t-il d'un approfondissement dans la discipline de la licence, de compléments de formation dans les autres disciplines ou d'un cursus centré sur la pédagogie ? Imagine-t-on laisser différentes formations coexister ? Si c'est le cas, nous nous retrouverons devant un corps enseignant émietté et une école sans unité.
Par ailleurs, on sait bien que les étudiants issus des milieux populaires se feront encore plus rares au niveau du mastère : les postes mis au concours seront davantage préemptés par les enfants des classes supérieures. Et si le vivier des mastères n'est pas suffisant, on utilisera l'expédient traditionnel : le recours à des contractuels et vacataires... Quant aux professeurs de lycées professionnels, ils sont, une fois de plus, les grands oubliés : quel mastère pour les professeurs de cuisine ou de génie mécanique ? Peut-être maintiendra-t-on quelques IUFM comme structures croupions pour gérer les laissés-pour-compte !
En réalité, le recrutement par concours cinq années après le baccalauréat interdit la mise en place d'une véritable formation en alternance. Au moment où cette dernière est plébiscitée dans de nombreux domaines, l'éducation nationale, toujours à la pointe du progrès, la supprime. Quelques modules de préprofessionnalisation au cours des études suffiront : réfléchir sur ses pratiques, alterner modèles théoriques et réflexion sur la prise de décision, inscrire l'entrée en fonction dans une dynamique professionnelle : voilà qui est bon pour les mécaniciens, les ingénieurs, les médecins... mais pas pour les professeurs ! Enfin, la disparition des IUFM, c'est celle d'un lieu institutionnel dévolu à la réflexion pédagogique, permettant l'élaboration, la diffusion et l'application de recherches nationales et internationales dans les didactiques des disciplines, les sciences de l'éducation, la psychologie et bien d'autres sciences humaines. C'est l'affirmation implicite que le métier d'enseignant n'a nul besoin d'être nourri par la recherche ni soutenu par des organismes de formation initiale et continue accompagnant les transformations sociales et permettant d'affronter les nouveaux problèmes qui émergent.
Pour autant, nous ne sommes pas partisans du statu quo. Le système actuel comporte une année de bachotage pour préparer le concours et une année d'alternance avant la titularisation. Or on a voulu tout caser dans cette deuxième année : connaissance des programmes, apprentissage de la gestion de la classe, didactique des disciplines, réflexion sur les valeurs de l'école, prise en compte de la difficulté scolaire, compréhension des enjeux de l'intégration des élèves handicapés, etc. Au bout du compte, cette année de stage est un patchwork, une course de vitesse avec une multitude de choses à faire qui se télescopent... et un grand écart, pour les stagiaires, entre un statut d'"enseignant responsable de sa classe" et un statut de "collégien" dans le cadre d'une formation théorique atomisée et bien trop scolaire.
Il faudrait donc organiser la formation en cinq années cohérentes : après trois années de licence, comportant une découverte progressive du métier, le concours de recrutement doit donner accès à deux années de formation professionnelle en alternance, correctement rétribuées et certifiées par un mastère professionnel... Avec une organisation des études permettant aux étudiants et aux stagiaires d'avoir prise sur leur formation et de ne pas se sentir infantilisés par des systèmes d'évaluation obsolètes.
Mais le ministre de l'éducation nationale semble vouloir passer en force cet été, en promulguant sa réforme en juillet. Un tel calendrier est déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : le ministère de l'éducation nationale, les universités, les IUFM et les professionnels concernés, mais aussi les organisations étudiantes et même les parents d'élèves qu'on est en train de tromper gravement. Des voix nombreuses demandent un moratoire d'une année pour rendre possibles la concertation et la réflexion indispensables. Le président de la République et le ministre de l'éducation nationale doivent les entendre.
De Condorcet à Langevin et Wallon, de Carnot à Durkheim, en passant par Ferry, Buisson et Kergomard, la République a toujours considéré qu'il ne suffisait pas de savoir pour savoir enseigner et qu'elle devait à ses enfants des "maîtres pédagogues". Elle avait voulu qu'ils soient formés dans des lieux spécifiques : les Ecoles normales jusqu'en 1991, les IUFM ensuite. Une seule période fit exception, Vichy qui ferma les Ecoles normales d'instituteurs. Beaucoup d'entre nous considèrent qu'il serait exagéré de rapprocher cette période de celle que nous vivons. Ils croient que Xavier Darcos saura faire preuve d'esprit de responsabilité, qu'il aura à coeur de préserver le potentiel des IUFM pour le mettre au service d'une formation des maîtres digne des défis éducatifs qui se présentent à nous.
On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent ! Le risque est grand de payer nos errances d'aujourd'hui par des convulsions et des explosions scolaires incontrôlables. On voudrait que nos dirigeants l'entendent. Car, ils sont aussi, comme nous, responsables devant le futur.

 

Jean-Louis Auduc, directeur des études-premier degré à l'IUFM de Créteil ;
Rémi Brissiaud, maître de conférences à l'IUFM de Versailles ;
Sylvain Grandserre, professeur des écoles ;
Philippe Meirieu, professeur à l'université Lumière-Lyon-II ;
André Ouzoulias, professeur à l'IUFM de Versailles.

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
ajouter un commentaire commentaires (13)    créer un trackback recommander
Jeudi 3 juillet 2008

Voilà près de deux semaines, que je suis en "service minimum". Trois élèves par classe aujourd'hui !

Il doit donc exister dans ce pays des modes de garde qui permettent aux parents de ne pas mettre les enfants à l'école.

L'APEEP, TF1 et notre ministre devraient étudier la situation actuelle. Nul doute qu'ils trouveraient là des solutions pour les jours de grève.
Cela  éviterait de restreindre ce droit en instaurant un service minimum (dont on voit bien ces jours-ci qu'il n'est pas nécessaire.)

Je n'ai pas osé écrire que mes élèves étaient pris en otage par leurs parents... 

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Mercredi 2 juillet 2008

 Texte de l'intervention de Claire KREPPER, Secrétaire Nationale du SE-UNSA au colloque " SOCLE COMMUN : PASSEPORT POUR L'AVENIR ?" du mardi 27 mai 2008 à ARRAS

La loi d'orientation du 23 avril 2005 fixe à notre système éducatif l'objectif de l'acquisition par 100% des élèves d'un socle commun de connaissances et de compétences à l'issue de la scolarité obligatoire. Le SE-UNSA s'est réjoui à l'époque de voir enfin inscrit dans la loi cet objectif, traduction d'un mandat qu'il portait depuis sa création, mandat reçu en héritage du SNI des années 70. Restait à définir le contenu du socle et les conditions de sa mise en œuvre.

Plusieurs approches du contenu étaient possibles. Devait-il être le « lire, écrire, compter, cliquer » du rapport Thélot ou le programme de formation de l'école québécoise fondé sur une approche intégrative des compétences, articulée avec des programmes disciplinaires cuiturellement riches ? L'objectif retenu dans la loi d'un socle atteignable par tous était-il raisonnable quand on sait que, dans les pays qui prennent le mieux en charge la difficulté scolaire, le pourcentage d'élèves n'atteignant pas le niveau 1 de PISA - censé être le seuil de compétences en deçà duquel on ne peut mener une vie digne et autonome
dans la société du XXIème siècle - est de 7% (Finlande)?

A tout le moins, pour avoir quelques chances d'atteindre cet objectif ambitieux, fallait-il définir des contenus proches du niveau 1 de PISA. Las, les contenus du socle commun tels qu'ils sont définis dans le décret du 11 juillet 2006 sont loin de représenter ce seuil minimum qui pourrait être garanti à tous. Ce texte, qui mêle objectifs, principes pédagogiques les plus rétro, truismes purs et simples, compétences aux contours flous et changeants selon les piliers, n'est qu'un texte politique confirmant les disciplines dans leur statut, et cherchant à désamorcer les préventions des républicains comme des élitistes. Il fixe des exigences inatteignables par au moins 2/3 des élèves. Le risque d'une telle utopie, c'est de donner à croire aux élèves faibles qu'ils sont incapables de « réussir leur vie » et, accessoirement, de placer les enseignants dans une situation d'échec professionnel permanent.

Au SE-UNSA, nous attendions beaucoup d'un socle qui place la très grande
majorité des élèves dans une perspective de réussite. Notre attente a été cruellement déçue. Déçue par l'absence de choix politiques cohérents entre objectifs et déclinaison des contenus ; déçue également par le détournement de concepts pédagogiques porteurs de changements positifs à de simples fins d'affichage.

La notion de « compétence » au cœur de nos revendications en est un bon
exemple. Elaborer un programme de formation qui prend comme entrée des compétences transversales est presque aux antipodes d'un programme qui prend comme entrée des compétences de base disciplinaires. Les nouveaux programmes de primaire, déclinaison
de la définition officielle du socle commun, le démontrent à l'envi.

On voit au fil de la rénovation des programmes de l'école et du collège comment l'absence d'une réflexion approfondie sur les contenus du socle - sans parler de l'évaluation de leur acquisition - au moment de l'élaboration de la loi peut conduire à rendre illégitime le concept de socle aux yeux de la communauté éducative. Le travail pédagogique d'explication s'avère essentiel et c'est tout le sens de ce colloque.

Réhabiliter le concept de socle commun passe par une réflexion sur ses contenus
avec les enseignants bien sûr, mais plus largement avec la société tout entière. Une fois les finalités posées, il s'agit de décliner un programme de formation cohérent fondé sur le développement de compétences transversales, complexes et intégratives. Il s'agit également pour le SE-UNSA d'ouvrir des pistes d'action pour chaque enseignant, chaque équipe pédagogique, chaque communauté éducative sans attendre le grand soir du socle commun parfait.

[C'était] aussi tout l'intérêt de ce colloque.

par lofi publié dans : Education communauté : La communauté pédagogique
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mardi 1 juillet 2008

Ostiane et Lofi et quelques autres, il faut cesser de répondre aux trolls (Par métonymie, on parle de troll pour un message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou étant excessivement provocateur, sans chercher à être constructif"  (Wikipedia)

Ceux qui comptent dans ce blog ce sont ceux que l'on n'entend pas assez, parmi les :

Visiteurs

depuis la création du blog

  

et,

hier : Lundi 30 Juin 2008
251 visiteurs uniques 

Même s'"il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler de et de ne laisser aucun doute à ce sujet"

 (Desproges)

 

c'est pour eux qu'il faut écrire et, en n'anesthésiant pas les pollueurs, liberté d'expression oblige, faire que ceux qui ne s'en croient pas capables entrent dans les échanges.

Il faut que nous nous rendions compte que le système éducatif est revenu soixante ans en arrière, avec, pour circonstances aggravantes, la ruine de cette école élémentaire qui se voulait libératrice et républicaine, celle qui, à un niveau modeste, lui a donné la lecture comme arme, celle qui n'avait de suite dans le secondaire que pour les favorisés et quelques rescapés, cette école là aussi n'est plus :

 

"Je lis plutôt Balzac en ce moment, je découvre. Je profite des creux, des répits de l'hosto pour me dégrossir, me développer un peu l'entendement aux choses de l'esprit… Ce retard que j'ai pour les arts et les belles lettres! Bloqué au niveau certif. Ça me travaille un peu, me complexe cette ignorance de bas Breton. Tout mon temps inerte aux hostos, sanas, prisons, je vais par la suite me l'ensemencer d'œuvres poétiques, romans, Mémoires, ouvrages historiques, anthologies, grammaires, pamphlets. Ça fera treize quatorze piges en tout, de quoi être agrégé bric broc."

 

Autant que de Mozart assassinés nous rencontrons tous les jours des femmes et des hommes qui, comme Alphonse Boudard, avaient, à défaut de son style d'écrivain authentique, des capacités de tous ordres et laissées en friche.

 

Il faut que ce blog, à l'image d'autres, appartienne à ceux qui vivent le quotidien de la classe, de leur envie de réussite pour leurs élèves, pour tous leurs élèves.

"L'école pourtant la plus solide, je m'en rends pas compte sur l'instant, c'est celle que je suis en train de vivre. Les bouquins ça aide à comprendre, mais ce qu'on ne vit pas avec sa viande, ce qu'on ne paie pas cash sur le terrain, c'est jamais que des chochoteries, des grimaces suaves de coquetèles, de bulles de savon, le petit rot après la bouillie…l'essentiel, hélas ! de notre vie littéraire. Elle est aux mains des bons élèves, et, eux, ils abhorrent tout ce quia quelque accent de vérité, tout ce qui saigne, qui jouit, qui vibre…l'authentique ça les gêne, on dirait, ça les dérange de leurs leçons bien apprises, leurs démonstrations, leurs schémas universitaires."

 

La réussite incontestable de l'école primaire depuis 1881 jusqu' en 1970 résultait de son implication dans une politique de gauche sur le terrain soutenue par le Syndicat des Instituteurs, les partis politiques n'y voyant qu'un appui électoral et une arme d'opposition après 1958, rejoints après 1970 par les Syndicats oublieux de leur rôle de professionnalisation, ce qui contribuera au déclin de l'Education Nationale.

 

"Je ne ferme pas complètement en juillet ostiane. comme l'année dernière, je "programmerai" quelques posts (peut-être que j'en profiterai pour republier quelques anciens articles pour les nouveaux venus comme vous). Par contre, je ne pourrai répondre aux commentaires : les trolls pourront s'en donner à coeur joie !

Mais je serai de retour en août !"

 

Je ne sais si la situation est aux vacances (à la vacance ?), non pas pour gâcher votre légitime droit et plaisir d'en profiter, mais parce que je pense que la situation est grave et que l'intention du gouvernement, encouragé par la médiocrité des critiques et des contre-propositions syndicales ou politiques, par l'hypocrite contentement dont ce blog atteste de la majorité immobiliste des enseignants, par le faible niveau d'information (et pour certains, par leur satisfaction) des parents, Sarko et son âme damnée Darcos ont bien l'intention de profiter de cette vacance pour continuer son travail non plus de sape mais de dynamitage du système éducatif.

Je pense que, même en vacances, nous avons un temps de cerveau disponible, peut-être plus que quand nous sommes en action professionnelle.

Certains disent qu'ils vont continuer à voir des élèves. C'est certainement utile pour des enfants en voie de rupture avec l'école si on comprend bien que l'action à envisager avec eux consiste à les réconcilier avec le système éducatif, ses codes, ceux de LEURS enseignants. On doit leur ouvrir de nouvelles perspectives et de nouvelles relations avec les enseignants mais, surtout, si on nedoit pas les mettre en contradiction avec leur vécu scolaire de demain sans leur donner les moyens de l'assumer.

J'ai quitté tout syndicat et parti pendant longtemps. L'échec de la gauche aux dernières élections qui s'annonçaient comme gagnées m'a fait comprendre qu'il me fallait à nouveau militer dans une structure. Je suis totalement persuadé, depuis longtemps, qu'une une rénovation du système éducatif était la condition première d'un retour de la gauche. La cause première, à mes yeux, de cet aveuglement d'une partie de la population, celle qui a priori devrait être à gauche a sa source dans un déficit de la formation. Voir soutenir la droite, voire l'extrême droite mais aussi se réfugier massivement dans l'abstention est à mon sens le signe d'un retrait de la politique annonciateur d'un déclin républicain. Je me suis donc réinscrit au parti socialiste au lendemain de l'échec de Ségolène Royal. Plutôt écolo, plutôt gauchiste le hiératisme et le morcellement de ces partis m'a fait m'engager dans celui qui offre encore plusieurs options et qui pourrait le mieux être un parti de gouvernement.

Même si le PS a été incapable de faire l'examen critique de ses échecs électoraux, c'est le seul parti qui nous ouvre, par au moins un de ses "courants", la possibilité de participer au changement.

Je pense que nous avons une certaine expérience et même une expertise certaine en matière d'éducation. Etant donné le niveau minable des partis politiques en ce domaine, leur préoccupation uniquement électoraliste a empêché la droite d'aller jusqu'au bout des réformes lorsqu'elle avait absolument besoin d'une élévation du niveau scolaire et maintenant que cela lui est moins nécessaire, et serait même dangereux, la gauche lui laisse le champ libre pour détruire l'école.

Ce serait intéressant, comme devoir de vacances, si nous travaillions ensemble sur les moyens d'empêcher ce désastre qu'il faudrait des décennies pour réparer. Nous pourrions commencer par relever au cours de nos lectures, ce qu'écrivent chacun des partis de gauche sur l'éducation, dans leurs projets et leurs motions préparatoires ou finales, de nous l'échanger par la voie des commentaires et en première étape, faire le relevé des propositions. Nous allons avoir besoin de réseaux et de réseaux professionnalisés pédagogiquement et politisés. La démocratie participative ne s'use que si l'on ne s'en sert pas et les échéances sont proches.

 

Rhumbs

 

PS : Pour ceux qui auraient des doutes, après le recteur, l'IA 44 est viré pour n'avoir pas empêché les manifestations des parents d'élèves.

 

par Rhumbs publié dans : Education communauté : Rassemblement de gauche...
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Citations

"Qui ne continue pas à apprendre est indigne d'enseigner" (Gaston Bachelard)

"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim" (Michel Tardy)

Visiteurs

depuis la création du blog

FreeCompteur.com  

 

actuellement sur le blog

 FreeCompteur Live

hier :
214 visiteurs uniques 

 

Locations of visitors to this page  

Blog : Musique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus